Lundi 21 octobre 2019
Concerts & dépendances
Bamberg, un Concours sous le signe Dudamel
mercredi 3 mars 2010 à 00h25
Le miracle Bamberg va-t-il se répéter ? En 2004, pour la première édition du Concours de direction d'orchestre Gustav Mahler, le jury a eu du flair en couronnant le Vénézuélien Gustavo Dudamel, future vedette Deutsche Grammophon et directeur musical (à vingt-huit ans) du Philharmonique de Los Angeles. C'est l'espoir de démarrer une carrière tout aussi fulgurante qui a poussé 280 candidats à tenter leur chance pour la troisième édition de ce Concours désormais très suivi, créé sous l'impulsion de Jonathan Nott (photo), le chef de l'Orchestre Symphonique de Bamberg.
L'Orchestre, formé après le Deuxième Guerre Mondiale de musiciens tchèques passés à l'ouest, reste la meilleure carte de visite de cette petite ville du Nord de la Bavière, qui pourrait servir de décor aux Maîtres chanteurs de Nuremberg. Depuis la révélation Dudamel, Bamberg est synonyme de succès rapide : et si le jury trouvait à nouveau la perle rare ?

Les demi-finales de la troisième édition commencent aujourd'hui mercredi. Les quatre candidats sélectionnés - un Allemand, un Letton, un Bulgare et un Uzbèque – devront évidemment diriger une symphonie de Mahler (la Quatrième), mais aussi une de Haydn, un peu de Webern et deux pages de compositeurs vivants, Matthias Pintscher et Jörg Widmann (N'oublions pas que Jonathan Nott a été directeur musical de l'Ensemble Intercontemporain). Mais est-ce suffisant ? Un concert, aussi réussi soit-il, peut-il laisser deviner l'avenir d'un chef, dont le talent demande plus de temps à mûrir que celui d'un instrumentiste. En France, le Concours de Besançon a lancé Seiji Ozawa, mais les «bêtes à concours» qui peuvent impressionner un jury ne tiennent pas forcément la distance. Dudamel lui-même, six ans après, est très médiatisé, mais il est loin d'avoir réalisé toutes ses promesses.

Crédit photo : P. Eberts/R. Haughton