Mercredi 17 juillet 2019
Concerts & dépendances
Athénée : Edwin Fardini au jeu des valeurs sûres
mardi 15 mai 2018 à 00h21
Troisième et dernier « Lundi musical » de la saison au théâtre de l’Athénée : Kindertotenlieder par Edwin Fardini (baryton-basse), avec Tanguy de Williencourt (piano) et Adrien La Marca (alto). Un inconnu donné dans le petit monde musical comme une valeur sûre de demain après Stéphane Degout et Stanislas de Barbeyrac, valeurs sûres d’aujourd’hui : double audace dans le style maison. Programme très pensé pour cet - encore - élève au Conservatoire Supérieur de Paris, le cycle de Mahler terminant la soirée, précédé des deux Gesänge op. 91 avec alto de Brahms (le premier sur un poème de Friedrich Rückert, comme les Kindertotenlieder), la première partie rendant hommage à Heinrich Heine mis en musique en allemand par Liszt et en français par Guy Ropartz. Courtes présentations sous forme de mots-clés par l’artiste : présence évidente, sérieux imperturbable, diction nette qui se confirmera (ce n’est pas toujours le cas) lorsque celui-ci chantera. Les Liszt passent tout naturellement - voix profonde, musicalité sans effets, quelques accrocs probablement dus au trac - comme passeront les Brahms avec l’alto non moins profond de La Marca, comme passera le Mahler, avec un supplément d’âme, une émotion jusqu’ici retenues. Le grand moment n’est pas le plus attendu : ce sera les Quatre Poèmes d’après l’Intermezzo de Heine, musique superbe et oubliée où Ropartz rend hommage à son maître Franck et à son confrère Chausson (Poème de l’amour et de la mer), et où Edwin Fardini manie la si difficile mélodie française avec un naturel entretenu par Tanguy de Williencourt, dont les qualités de chambriste ne sont pas pour rien dans le succès de la soirée.
François Lafon

Théâtre de l’Athénée, Paris, 14 mai (Photo : E. Fardini-T. de Williencourt © DR)