Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Arabella en bleu pastel
vendredi 15 juin 2012 à 00h31

Dernier nouveau spectacle de la saison à l’Opéra Bastille : Arabella de Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal. Un Strauss de second rayon, un Chevalier à la rose vingt ans après (1933), marqué par la guerre, la dépression, la fin d’un monde. On y voit des nobles ruinés, essayant de vendre leur fille au plus offrant, le tout sur un rythme de valse évoquant davantage celle, déréglée, de Ravel que celles, triomphantes, de l’autre Strauss (Johann). Excès de sentiments sur fond de crise : à peine besoin de transposer. On imagine ce qu’en auraient fait un Michael Haneke, un Christoph Marthaler. Le metteur en scène Marco Arturo Marelli ne tient pas compte de tout cela. Son spectacle est bleu pastel, un peu froid, pas trop mièvre. Tout est organisé autour de la star Renée Fleming, voix de miel parcimonieusement dispensée, silhouette irréprochable. Pour la servir, des comparses sans aspérités, un orchestre discret (Philippe Jordan). Comme si cet opéra dérangeant ne devait pas déranger.

François Lafon

Opéra de Paris Bastille, 14, 17, 20, 24, 27, 30 juin, 4, 7, 10 juillet