Mercredi 22 janvier 2020
Concerts & dépendances
Aldo Ciccolini, le je ne sais quoi du grand âge
jeudi 14 février 2013 à 00h13

Au théâtre des Champs-Elysées, Aldo Ciccolini joue le 3ème Concerto de Beethoven avec l’Orchestre de Chambre de Paris dirigé par Louis Langrée. Salle bondée, chauffée en hors-d’oeuvre par une Ouverture "Coriolan" sous haute tension. Contraste entre la fragilité du pianiste (87 ans) et le son royal qu’il produit. Ses moyens sont presque intacts, son style l’est tout à fait, à la fois caressant et péremptoire, intériorisé et démonstratif, le tout nimbé du je ne sais quoi que le grand âge confère aux grands artistes, de cette légère distance - on n’ose dire de cette faiblesse - qui donne de la profondeur au moindre trait. Même impression dans le bis, une pièce de Grieg qui sonne bizarrement dans ce programme tout Beethoven. La seconde partie - les sépulcrales Equales pour quatre trombones joués ici par quatre violoncelles et la 8ème Symphonie, tenue à bout de baguette par un Langrée obligeant les musiciens à se surpasser -, abolit cette distance, sans pour autant que l’on revienne vraiment sur terre. « Je suis fier de penser qu’il a été un peu mon élève », dit Ciccolini de Langrée. Ceci explique peut-être cela.

François Lafon