Lundi 3 août 2020
Concerts & dépendances
Aix 2011, journée 3 : Joël Pommerat et le compositeur rétro
lundi 11 juillet 2011 à 21h48

Au Théâtre du Jeu de Paume (493 places – 1756 – Rénové en 2000), Thanks to my eyes, un opéra d’Oscar Bianchi. Il s’agit d’une mise en musique de Grâce à mes yeux, une pièce de Joël Pommerat, créée en 2002. Ce soir, dernière : public branché, en partie venu d’Avignon, fans de Pommerat, qui fait partie du Top 10 des créateurs à la mode, et qui a signé la mise en scène, selon le principe qui est le sien qu’un spectacle s’écrit aussi sur le plateau, et que « c'est pour devenir un auteur vraiment que je suis devenu metteur en scène ». Sa pièce, où l’on voit un jeune homme, fils du « plus grand acteur comique du monde », se réfugier dans l’amour d’une hypothétique Jeune Femme de la Nuit, se réclame de Tchékhov, de Thomas Bernhard, de Maeterlinck. « Serait-il ridicule de dire que je vais m’occuper du corps, et qu’Oscar - le musicien - va s’occuper de l’âme ? Et puisqu’on dit que les deux sont liés, on va donc s’occuper de la même chose », déclare-t-il dans le programme. Or on a l’impression - ce qui n’est pas rare à l’opéra - que le dramaturge a été vampirisé par le compositeur, que celui-ci a pris le pouvoir. Et comme sa musique fleure bon la « contemporaine » des années 1960, le texte et la mise en scène prennent un coup de vieux, perdent leur étrangeté. Oscar Bianchi a aussi convaincu Joël Pommerat de traduire son texte en anglais, sous prétexte d’échapper à la convention du chant français. Rétro, décidément, ce compositeur de trente-cinq ans !

François Lafon

Photo ©Elisabeth Carecchio

 

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