Mercredi 23 octobre 2019
Concerts & dépendances
A l’Opéra-Bastille, trois Puccini pour rien
mardi 5 octobre 2010 à 10h22

La morale, le social, la religion, la spéculation : quatre clés du Triptyque, spectacle en trois volets imaginé par Puccini avant la guerre de 14-18, et créé juste après à New York.  Drame de la jalousie chez les mariniers en temps de crise (Il Tabarro), opprobre terrestre et consolation céleste pour l’aristocrate qui a fauté (Suor Angelica), magouilles financières chez les bourgeois (Gianni Schicchi) : fantasmes et réalités de notre avant-guerre. A noter que Puccini, en mal d’inspiration, retrouve la forme quand la méchante Princesse vient déshériter la femme perdue (Suor Angelica) et quand l’escroc Gianni Schicchi  détourne l’argent de la famille indigne. Dans le spectacle sans grâce ni inspiration signé par Luca Ronconi à La Scala de Milan et repris, avec une distribution passe-partout, à l’Opéra Bastille en guise de « première nouvelle production de la saison », cela se remarque à peine. Pourquoi, alors, monter ces œuvres qui ne valent que par ce qu’elles révèlent de leur époque, et, avec un peu de chance, de la nôtre ?


Crédit : Ian Patrick / Opéra national de Paris