Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Vivica Genaux chante Carmen : fini les œillades assassines
dimanche 14 octobre 2012 à 23h34

Ouverture de la saison lyrique à l’Opéra royal de Versailles avec Carmen importé de l’Opéra de Rouen. Mise en scène et direction de l’administrateur maison, Frédéric Roels, et du nouveau chef attitré, Luciano Acocella. Accroche médiatique : la baroqueuse Vivica Genaux dans le rôle titre, qu’elle avait jusqu’ici (prudemment) refusé. Drôle d’endroit pour une telle rencontre : une Carmen sans folklore ni espagnolade, au milieu des fleurs de lys et des marbres en trompe-l’œil. En fait, un bouquet bien composé : cadre intime et dépoussiérage du mythe, version opéra-comique avec dialogues parlés (sans coupures : trois heures de spectacle) et distribution jeune, vocalement et dramatiquement assortie. Seul hiatus : un orchestre brillant (bravo les solistes) mais un manque constant d’effervescence scénique. Genaux, voix de braise, diction exemplaire, sculpturale en mini short (l’action est transposée de nos jours, dans un pays contrôlé par les Casques bleus) offre une Carmen à la Teresa Berganza, femme libre et fragile sous la provocation. Elle aussi, sans ostentation, donne le coup de grâce à l’habituelle Bohémienne aux œillades assassines.

François Lafon

Versailles, Opéra royal, 14, 16, 18 octobre.