Samedi 29 avril 2017
Le cabinet de curiosités par François Lafon
samedi 22 avril 2017 à 00h29
Au théâtre de l’Athénée : The Lighthouse (Le Phare), opéra de chambre de Peter Maxwell Davies (1980). Pas vraiment un opéra policier (en existe-t-il, d’ailleurs ?), plutôt un opéra à énigme, d’autant plus fascinante qu’elle n’a pas été élucidée. De l’incompréhensible disparition, en 1900, des trois gardiens d’un phare des îles Flannan, dans l’archipel des Hébrides, Sir Maxwell Davies, musicien déroutant, rebelle des sixties devenu Master of the Queen’s music, a tiré une fable morale censée dénoncer les méfaits de la mondialisation : Dieu et la Bête, raison et superstition, mystère des destinées, remplacement de l’homme par la machine (on apprend, à mi-chemin, que le phare a été automatisé en 1971). Musique à l’avenant, structurée par le symbolisme numérique du tarot (en particulier la Tour) : tradition anglaise (Britten, Tippett ne sont pas loin) pour les inspecteurs découvrant le phare désert, traditions ancestrales (chanson d’amour, gigue, cantique revisités) pour le bad trip des disparus, le tout lié par un cor faisant office de phare au milieu de la tempête. A moins qu’il ne s’agisse d’autre chose, rien n’étant (bien entendu) explicité ni même balisé. C’est cet autre chose que tente de saisir le metteur en scène Alain Patiès - longtemps collaborateur de La Péniche Opéra - sans perdre de vue les revendications sociales du compositeur : voile du bateau, cercle du phare, barre des témoins, objets concrets parmi lesquels évoluent les trois chanteurs – ténor, baryton, basse – impressionnants en enquêteurs entrant (si l’on peut dire) dans la peau des fantômes. Beau travail d’Ars Nova, douze musiciens (dont l’excellent Emmanuel Tricheux, le cor installé dans la salle) dirigés par Philippe Nahon, habiles à entretenir le charme de cette musique hybride, sans génie mais traversée de vénéneuses intuitions.
François Lafon

Théâtre de l’Athénée, Paris, jusqu’au 28 avril. Clés de l’œuvre par Jacques Amblard le 27 à 19h, salle Christian-Bérard (Photo © DR)

mardi 11 avril 2017 à 18h35
Dans la collection Actes Sud/Classica : Gabriel Fauré, par Jacques Bonnaure. Une monographie de cent-cinquante pages, prélude à la lecture de l’ouvrage (pour l’instant) définitif de Jean-Michel Nectoux (Gabriel Fauré, les voix du clair-obscur, Fayard – 2008). Qualité rare parmi les soixante et quelques titres - forcément inégaux - de la série : celui-ci, par son ton, son écriture, sa composition, colle parfaitement au sujet. Ce n’était pas simple : personnage en demi-teinte, musicien de l’allusif, célèbre (presque) malgré lui, fuyant le monde et pourtant chéri des salons où se faisaient les réputations avant l’invention du ministère de la Culture, l’auteur (bien peu croyant) du plus célèbre des Requiem « de chambre » requiert un biographe expert en balles coupées. Bonnaure, critique musical (notamment dans le domaine lyrique) aux opinions étayées plutôt que passionnelles, croque le personnage, sa vie, son œuvre, sans chercher à mettre du drame là où il n’y en a pas, et donne avec le mélange d’humour et de distance nécessaires les clés d’une œuvre occultée par celles, au génie plus « moderne », plus éclatant, de Debussy et de Ravel. « Comme l’octogénaire Verdi, il fut un vieillard prodigieux. Il a atteint tardivement une sorte de gloire nationale, mais il est ailleurs », remarque-t-il. C’est cet ailleurs que ce petit livre nous fait le mieux découvrir. 
François Lafon

Gabriel Fauré, par Jacques Bonnaure. Actes-Sud/Classica, 192 p., 18 €

jeudi 6 avril 2017 à 00h10
Aux Bouffes du Nord : Ubu, création collective dirigée par Olivier Martin-Salvan, composition musicale de David Colosio. D’Ubu sur la Butte (1901), version (très) raccourcie d’Ubu roi par Alfred Jarry lui-même et destinée à être joué par des marionnettes au cabaret des Quat’z’Arts, l’acteur fétiche de Benjamin Lazar fait une séance d’aérobic qui dégénère : une régression moderne à la mesure de la monstrueuse parodie shakespearienne (Macbeth pour les Nuls) imaginée par l’inventeur de la pataphysique, « science des solutions imaginaires ». Une heure de délire condensé (« Le premier roi meurt en vingt lignes et la guerre arrive trois scènes plus tard »), spectacle tous terrains, place publique comme salle des fêtes : tapis de sol, objets en mousse (des plasticiens Clédat et Petitpierre), cinq étonnants comédiens-clowns-acrobates - quatre hommes, une femme, dont Martin-Salvan en Ubu prof de gym-dictateur. Public jeune et ravi, cernant l’ère de jeu « au plus près de la corporalité des acteurs ». Au premier rang ce soir : Christiane Taubira riant beaucoup, surtout à la mise en boite appuyée de … la gendarmerie. La musique, due à un membre des Cris de Paris, déjà partenaire de Martin-Salvan pour le Pantagruel monté par Lazar (voir ici), recycle, entre la Danse des canards en russe et un final de comédie musicale façon Balavoine, L’Or du Rhin de Wagner avec une science réjouissante du pied de nez sur portée. Ne serait-ce que pour cela…
François Lafon

Bouffes du Nord, Paris, jusqu’au 23 avril. En tournée jusqu’au 9 juin

A l’Opéra Comique, concert de chant choral – Fondation Bettencourt (prix annuel depuis 1989). Premier attrait : le bâtiment lui-même, après deux ans de travaux et un mois avant sa réouverture officielle avec l’Alcione de Marin Marais. Hall blanc liseré d’or, colonnes de marbre étincelantes, salle rendue à ses fastes d’antan, pente légère du parterre (espoir de voir un peu mieux la scène), fresque du foyer ravivées, tentures rouge Favart, plus sombre, plus profond que le rouge Garnier. Second attrait : la qualité et la diversité des ensemble soutenus par la Fondation. Sérieuse double ouverture avec les Ensembles De Caelis (Chant des Sibylles de Philippe Hersant) et Aedes (Poulenc et Jacques Brel), grande montée d’adrénaline avec Les Cris de Paris en forme optimale dans … Les Cris de Paris de Clément Jannequin, mais plus encore dans Spem in alium, motet à quarante voix distinctes de Thomas Tallis, point de non-retour de la musique polyphonique, fabuleuse stéréo naturelle autour du chef Geoffroy Jourdain. Détente avec le Créa d’Aulnay-sous-Bois - enfants et adultes plus pros que des pros - d’Offenbach à Coralie Fayolle (Lady Godiva, les Damnés du flipper), et la prometteuse Maîtrise populaire de l’Opéra-Comique (créée en septembre 2016) en anglais dans le musical Oliver, tous se retrouvant au final pour une Barcarolle des Contes d’Hoffmann telle qu’Offenbach ne l’aurait pas imaginée, avec public chantant selon l’ancienne tradition maison. Retour aux fondamentaux en même temps que photo assez fidèle de l’Opéra Comique nouvelle donne. 
François Lafon

Opéra Comique, Paris, 28 mars (Photo : La Maîtrise en répétition © DR)

A l’Opéra de Paris – Palais Garnier : Béatrice et Bénédict, dirigé par Philippe Jordan dans le cadre du cycle Berlioz inauguré la saison dernière avec La Damnation de Faust. Une soirée unique et une simple mise en espace pour cet opéra-comique imité (comme on disait à l’époque) de Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, succès lors de sa création en 1862 alors que personne ne voulait des ambitieux Troyens, méprisé depuis pour cause d’affadissement de la pièce originelle. Ironie du sort : la représentation est aussi réussie que la Damnation était ratée (voir ici). Car c’est bien - avec scénographie minimale et costumes (presque) de tous les jours -, d’une représentation qu’il s’agit, réglée par Stephen Taylor comme un opéra dans un fauteuil à la manière du Théâtre dans un fauteuil de Musset, ou plutôt comme un spectacle de (grand) salon, laissant s’épanouir la musique (sublime) sans que le théâtre (plus léger) en souffre. Dédoublement habile des personnages entre chanteurs et acteurs, utilisation du chœur comme un personnage à part entière, réintroduction - un peu plus problématique car rompant l’atmosphère douce-amère de l’ensemble -, de l’intrigue « sombre » (un faux adultère qui manque mal tourner) de la pièce, supprimée par Berlioz au profit de la joute « je t’aime moi non plus » des rôles-titre. Réussite musicale surtout : orchestre enjoué autant que raffiné, voix appariées – Sabine Devieilhe et Stéphanie d’Oustrac en jeunes premières de luxe, l’impeccable ténor américain Paul Appleby (remplaçant Stanislas de Barbeyrac), Laurent Naouri drôle sans en faire trop en maître de musique ridicule (un personnage ajouté par Berlioz, qui réglait là quelques comptes), Didier Sandre menant la partie théâtre avec sa classe habituelle. Ovation finale pour cet outsider qui dame le pion à quelques favoris. 
François Lafon 

Opéra National de Paris – Palais Garnier, 23 mars. En différé sur France Musique le 23 avril (Photo © DR)

mardi 14 mars 2017 à 17h22
Au Centre Pompidou dans le cadre de Mutations/Créations - manifestation art, innovation et science : exposition Imprimer le monde et forum au titre hitchcockien de Vertigo, initié par l’Ircam. Technologies numériques, réalités fantomatiques pour la première, prodiges de l’impression 3D matérialisant des objets impossibles, techniques futuristes au service de l’art d’aujourd’hui - rêve et cauchemar mêlés tels ces visages humains recomposés à partir d’un simple cheveu. Une semaine de rencontres, performances et spectacles (Le Sec et l’humide de Jonathan Littell/Guy Cassiers – 15 et 16 mars ; Ircam Live – 18 mars) pour Vertigo, soutenu par le programme SARTS (Innovation at the Nexus of Science, Technology and the Arts) de la Commission européenne, et parcourant « l’espace simulé et les formes du digital ». En clair : la simulation numérique concernant désormais tous les domaines – sons, images de synthèse et objets matériels –, la place même du créateur est remise en question et le spectateur-auditeur ne sait plus où donner de la tête ni des oreilles. Troublante expérience en effet que la Disenchanted Island de la compositrice autrichienne Olga Neuwirth et du vidéaste israélien Tal Rosner, installation interactive où, par un procédé de convolution 3D, l’acoustique de l’église San Lorenzo de Venise (dans laquelle Claudio Abbado a créé en 1984 le légendaire Prometeo, « tragédie de l’écoute »  de Luigi Nono) est transférée dans les salles de Beaubourg, permettant au « spectacteur » d’agir en direct sur un espace sonore à la fois réaliste et subtilement musicalisé.  A la sortie : excellents chocolats en impression 3D à l’effigie de Beaubourg de la maison Les 3 Dandies (.com), comme pour se prouver qu’on n’a pas rêvé. 
François Lafon

Centre Pompidou, Paris. Exposition Imprimer le monde, jusqu’au 19 juin. Vertigo, Forum art-innovation, du 15 au 18 mars. Catalogue sous la direction de Marie-Ange Brayer, introduction à un nouveau monde en 3D (Editions HYX, 24 €) (Photo : Greg Lynn Form ©DR)

lundi 13 mars 2017 à 17h51
Présentation par le directeur Laurent Bayle de la saison 2017-2018 de la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris (disparues les malencontreuses dénominations Philharmonie 1 et 2). Livret programme de 400 pages : outre les ensembles en résidence (Orchestre de Paris, Arts Florissants, etc), tous les orchestres, chefs, solistes, compositeurs et performers célèbres ou en devenir sont présents, du répertoire médiéval à la musique urbaine actuelle, de la recherche philologique à la création numérique. 488 concerts, 669526 places à vendre, 6960 séances éducatives (dont 23% « champ social et territoires »), 3 expositions. Age moyen du public : 50 ans, contre 58-60 ailleurs. Taux de remplissage : 93%, abonnements en hausse de 25%. Important travail patrimonial du Musée (dont l’expertise scientifique), milliers d’heures de captations de concert, sites spécifiques (1 million de consultations en ligne), nombreuses extensions hors les murs, parmi lesquelles trente orchestre Demos (destinées aux jeunes défavorisés sur l’exemple du Sistema vénézuélien) et 500 séances pédagogiques dans le 93. 46% de places à moins de 30 euros dont 13% à moins de 10 euros, autofinancement d’un peu plus de 50% (au-delà des prévisions). Un succès donc, qui place l’institution au centre du marché musical (et même culturel) mondial. Oubliées bien sûr les prédictions pessimistes qui ont préludé à l’ouverture du lieu, et forcément moins douloureux le remboursement du prêt de 386 millions d’euros partagé par l’état (45%), la ville (idem) et la région (10%).
François Lafon

(Photo © W. Beaucardet)
Nouvelle Carmen mise en scène par le sulfureux Calixto Bieito à l’Opéra de Paris-Bastille, la quatrième depuis l’ouverture de la salle. Nouvelle in loco seulement, puisque le spectacle date de 1999 et a beaucoup tourné : une mode décidément que les revivals de productions vingtenaires, ainsi qu’en témoigne le festival « Mémoires » à Lyon. L’assurance aussi pour l’Opéra d’avoir à son répertoire une Carmen viable, le plus emblématique des ouvrages nationaux n’en finissant plus de justifier sa réputation de porter la guigne : depuis la légendaire mise en scène de Raymond Rouleau (1959) et compte non-tenu de l’importation de la production d’Edimbourg avec Teresa Berganza à la salle Favart (1980), aucun essai n’a été vraiment transformé, le dernier en date pourtant signé du talentueux Yves Beaunesne (2012) étant peut-être le plus raté. Déjà vintage cela dit, almodovarienne première manière, cette Carmen transposée dans l’Espagne de la Movida, avec bohémiennes au bord de la crise de nerf et soldats soumis à la loi du désir, bien que revendiquée par le metteur en scène comme intemporelle, sinon prémonitoire dans sa dénonciation de « l’intolérance affectant les sphères sociales » et la définition de l’héroïne comme « une frontière, au sens littéral et métaphorique ». Résidu de la guigne précitée : cette première représentation (gala AROP de surcroît) d’une série de vingt-quatre courant jusqu’en juillet et mobilisant quatre Carmen, trois Micaela, deux Don José et deux Escamillo n’a rien de mémorable : Clémentine Margaine - titulaire internationale du rôle-titre comme le fut Béatrice Uria-Monzon - est bien ordinaire face à un Roberto Alagna toujours unique en Don José mais annoncé comme souffrant et vocalement à la peine, les seconds rôles, fort bien tenus, et les chœurs, impeccables, n’arrachant pas plus l’ensemble à la routine que la direction efficace mais impersonnelle de Bertrand de Billy, remplaçant le jeune Lionel Bringuier, chef prodige comme le fut Roberto Benzi en son temps.
François Lafon

Opéra National de Paris – Bastille, jusqu’au 16 juillet. Dernière représentation (Elina Garanca, Roberto Alagna, Maria Agresta, Ildar Abdrazakov) en léger différé sur Culture Box et France 3, en direct sur Radio Classique (Photo © Vincent Pontet/Opéra de Paris)

mercredi 1 mars 2017 à 00h10
« Pour fêter la sortie de son nouveau CD Lettres intimes (label Alpha), le Quatuor Voce s’installe au Cabaret Sauvage ». Explication :  les Voce, treize ans d’âge et un répertoire éclectique, ont leur part dans le coup de jeune qu’a connu le quatuor à cordes – français en particulier – ces dernières décennies. Le Cabaret Sauvage, chapiteau rouge et boiseries modern style planté dans le parc de la Villette entre la Cité des sciences et la Philharmonie de Paris, est en effet un lieu où l’on s’installe, où l’on boit, parle et se promène, où l’on écoute surtout toutes sortes de musiques. Plus qu’à un showcase (événement publicitaire destiné, quelques tubes aidant, à lancer un album), c’est à un véritable concert - d’ailleurs payant - qu’est convié le vrai public. Une formule décidément à la mode (Harmonia Mundi en a lancé une série à l’automne dernier), visant – marketing mis à part - à désenclaver la « grande » musique. Grands mais peu habitués à un tel cadre les quatuors de Janacek (n° 2 « Lettres intimes ») et Bartok (le 1er), agrémentés (si l’on peut dire) de pièces courtes d’Erwin Schulhoff, compositeur pragois mort en déportation. Cela marche pourtant : sur scène (Janacek) ou sur la piste (Bartok), avec lumières savamment modulées et lettres enflammées de Janacek projetées sur écran, les Voce jouent la rudesse et la dépression, mettant sans excès l’accent sur l’essentiel parfum de terroir(s) propre aux deux compositeurs, enchaînant en bis sur des Piazzolla chaloupés (un autre terroir) avec danseurs de tango et le formidable accordéoniste-bandonéoniste Pierre Cussac. Salle comble, public un peu plus que Zénith mais pas tout à fait Philharmonie et encore moins salle Gaveau. Objectif atteint, donc. 
François Lafon
Lettres intimes, Quatuor Voce, un CD Alpha. Chronique à venir sur Musikzen

mercredi 15 février 2017 à 11h38
Aux éditions Actes Sud : Horowitz l’Intranquille de Jean-Jacques Groleau. Pas facile de saisir ce pianiste vif-argent, de le suivre dans ses humeurs fantasques, dans les méandres d’une vie à la fois hors du commun et au fond peu romanesque. Au premier abord, un personnage pas très sympathique, capricieux, exhibitionniste, nombriliste, cyclothymique, intéressé. En d’autres termes, un dépressif, un bipolaire même (comme on dit aujourd’hui), paniqué à l’idée de perdre l’or qu’il avait au bout des doigts. Car si le talent ne s’explique pas, le sien était plus insaisissable, plus paradoxal encore que celui des autres. Plus doué pour les petites formes que pour les grandes, il donnait au moindre impromptu un éclat de diamant. Interprète mais pas créateur - à la différence de son maître Rachmaninov -, il n’hésitait pas à retailler à sa main les partitions les plus intouchables. Mais comment expliquer ce sens du rythme et de la respiration, ce toucher arachnéen et puissant en même temps, cette façon de provoquer désir et frustration chez un auditeur charmé et/ou agacé, en fin de compte captivé ? Sans chercher à expliquer l’inexplicable, Jean-Jacques Groleau - plus encore sur la corde raide que dans son essai sur Rachmaninov (même éditeur) - fait sentir tout cela, laissant Horowitz se perdre dans l’ombre et revenir dans la lumière, alterner hyperactivité et paralysie mentale (et digitale), jouer à Qui a peur de Virginia Woolf ? avec son épouse Wanda (née Toscanini) et brouiller les pistes menant à sa psyché mal assumée. Le reste est dans les (nombreux) enregistrement de l’artiste. 

François Lafon



Horowitz l’Intranquille, de Jean-Jacques Groleau.
Actes Sud/Classica, 209 p., 19 €