Mercredi 24 mai 2017
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Parcours de l’année au Musée National d’Art moderne (Beaubourg) : « L’œil écoute » (titre emprunté à Paul Claudel), en lien avec « Le Regard musicien » (thème , en juin, du festival ManiFeste de l’Ircam, lequel fête ses quarante printemps). Des Ballets russes (Braque et Stravinsky, Satie et ses peintres) aux Artistes musicalistes d’Henry Valensi, et jusqu’à l’« affirmation de la notation dans le champ des arts plastiques », les collections du 5ème étage du Centre Pompidou ont en effet beaucoup à proposer. Une thématique nettement typée, mais rien d’une exposition classique : c’est en déambulant au milieu des chefs-d’œuvre (40 salles) qu’on repère - ou non, ou en se perdant dans les couloirs de traverse - les ilots marqués « L’œil écoute » au sol. Pas facile non plus de passer de la théorie à la pratique, et de savourer avec l’œil et l’oreille les porosités entre les arts et autres « expérimentations verbo-voco-visuelles » évoquées. Pour cette Soirée sonore en partenariat avec Arte Radio, capteur d’atmosphère (Andrea Perugini) et « fontaine électroacoustique », visite théâtralisée avec deux comédiens jouant les badauds-guides tentent de rétablir l’équilibre. On peut aussi remplacer l’animation par l’écoute intérieure, rêver sur « Guitare et compotier » de Braque (1919) tout en s’aidant des toiles de Kandinsky, Survage ou Kupka pour faire le grand saut menant de la figuration à l’abstraction, où musique et peinture ne se nourrissent plus « que » de couleurs, de rythmes et de modulations. De juin à septembre, le cinéma et l’Espace nouveaux médias du musée s'emploient à nous éclairer sur la synesthésie, la performance, l’interprétation et même le vidéoclip.
François Lafon

« L’œil écoute », Centre Georges Pompidou, Paris, mai 2017 – avril 2018 (Photo : Dali-Hallucination partielle Six images de Lénine sur un piano (1931) © Salvador Dali, Fundacio Gala-Salvador Dali / Adagp, Paris © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Jacques Faujour/ Dist. RMN-GP)

dimanche 7 mai 2017 à 10h14
Tout savoir sur l’opéra russe ? C’est possible grâce au nouveau livre d André Lischke, sans doute le plus complet sur ce sujet en quelque langue que ce soit. Sont examinés dans l’ordre chronologique plus de cent trente opéras, du Meunier de Sokolovski (1779) à Cœur de chien de Raskatov (2010), d’une cinquantaine de compositeurs dotés chacun d’une notice biographique détaillée. Cela en une dizaine de chapitres allant de « L’éclosion de l’opéra russe » à la période « post-URSS » en passant par « Au plus haut » (Tchaikovski, Moussorgski et autres  Rimski) ou par « Un cas à part » (Taneïev). Prokofiev apparaît dans « Des voies diverses », avec Rachmaninov ou Stravinski, et aussi dans « L’opéra en URSS - La prégnance de l’Idéologie », avec Chostakovitch Kabalevski ou Khrennikov. Pour Boris Godounov, pas moins de quarante et une pages : circonstances de composition et de création des diverses versions, réception, éditions et travaux de restitution, les versions 1869 et 1872, les Boris de Rimski-Korsakov, Ippolitov-Ivanov et Chostakovitch, les faits historiques (1598-1605), le livret et Pouchkine, réutilisation de fragments du Salammbô inachevé, structures musicales et utilisation du folklore, liste des personnages, synopsis (1869 et 1872), types vocaux, commentaire musical (vingt-cinq pages), discographie et vidéographie. C’est dire la diversité des angles d’attaque pour cet opéra et d’autres de même stature. Une précieuse introduction (trente-deux pages) dresse le panorama des questions soulevées : les périodes de  l’opéra russe, sa bibliographie, les études musicologiques le concernant, ses sujets (historiques ou non, russes ou non), ses lignes de force (de l’allégeance au pouvoir à la subversion), ses livrets et librettistes, ses sources littéraires (omniprésence de Pouchkine), ses types vocaux, sa discographie depuis les chanteurs nés en 1850-1870, rôle du Bolchoï d’autres théâtres, l’Occident et l’opéra russe. Ces sujets réapparaissent dans la bibliographie finale. Une mine inépuisable.
Marc Vignal
 
André Lischke : Guide de l’opéra russe. Fayard « Les indispensables de la musique », 2017, 776 p. 38€

vendredi 5 mai 2017 à 23h44
Lancement à l’Opéra-Comique, de la onzième édition de Tous à l’opéra, pendant lyrique, en ce week-end électoral, de l’opération Tous aux urnes dont la culture sous toutes ses formes aura été la grande absente. Vingt-et-un théâtres sur les trente-trois membres de la Réunion des Opéras de France (ROF) y participent cette année, de l’Opéra de Paris à celui de Limoges, du Centre Lyrique de Clermont-Auvergne au Capitole de Toulouse, quelques grandes scènes (cette fois : Dijon, Nantes, l’Opéra du Rhin…) se distinguant par leur absence. Visites guidées, répétitions publiques, concerts et récitals, opérations jeunes, ateliers participatifs : un week-end prosélyte (80 000 spectateurs chaque année), pour tenter une fois de plus de persuader parents et enfants que l’opéra ne s’adresse pas qu’au troisième âge, qu’il n’est pas forcément ennuyeux, qu’il peut même être contemporain sans écorcher les oreilles. Marraine idéale de l’opération et meneuse de revue de cette soirée d’ouverture : Marie-Nicole Lemieux – voix sombre mais tempérament solaire, look chanteuse mais moderne -, en binôme avec Julie Depardieu - comédienne dans la vie et cantatrice dans ses rêves. Fil rouge : la relation amoureuse, depuis le temps béni de la séduction jusqu’à la fin, heureuse ou non, thème décliné sur tous les tons dans un pourcentage élevé d’ouvrages lyriques. Cinq chanteurs dans un cadre à taille humaine pour Dvorak et Bizet, Rossini et Gluck, Saint-Saëns et Mozart, mais surtout pour un feu d’artifice vocal orchestré par la maîtresse de cérémonie : Stéphanie d’Oustrac, formidable Carmen (rendez-vous au festival d’Aix), Philippe Talbot et ses aigus en voix mixte (on pense à Alain Vanzo), Florian Sempey désormais rossinien d’honneur, Chantal Sauton dans la tradition française (celle de Jacqueline Brumaire), et bien sûr Lemieux superstar, enchaînant Dalila, Orphée et l’Italienne (à Alger). Salle comble (soirée gratuite), public atypique, beaucoup de très jeunes, tous reprenant en chœur l’Heure exquise de La Veuve Joyeuse ou la Barcarolle des Contes d’Hoffmann. Et ce ton Lemieux, si bien adapté à la circonstance, qui convertirait à l’opéra les plus sceptiques. 
François Lafon
 
Tous à l’opéra, 6 et 7 mai - www.tous-a-lopera.fr (Photo © DR)

Rossini aimait les petits pois, il le raconte dans l’une des petites pièces de ses Péchés de vieillesse. Le mois de mai, justement, est celui des petits pois comme le dit sur son blog Alexandre Grimod de La Reynière, le père fondateur de l’art gustatif. Son blog ?? Oui, assurément : deux siècles ou presque après sa mort, il reprend, en effet, du poil de la bête grâce à Régis Confavreux, inlassable fouilleur d’archives, qui a reconstitué la vie de ce demi-aristo déjanté. Expert en scandales et provocations, paillard et combinard, ami de Cambacérès et de Restif de la Bretonne, organisateur de frasques gastronomiques, commerçant à ses heures, écrivain, parfois, Grimod de la Reynière acquiert une nouvelle et immense réputation en 1803 à la publication de l’Almanach des Gourmands, ou calendrier nutritif servant de guide dans les moyens de faire excellente chère, le premier guide gastronomique. Mais son esprit critique finit par lasser, l’Almanach cesse de paraître en 1812, et, après avoir vécu mille aventures abracadabrantes qu’Alexandre Dumas, lui-même, n’aurait pas imaginées, il termine son existence en ermite et meurt le 25 décembre 1837.
Gérard Pangon

Le blog de La Reynière : http://lareyniere.blogspot.fr/ (Photo : La Reynière © DR)

samedi 22 avril 2017 à 00h29
Au théâtre de l’Athénée : The Lighthouse (Le Phare), opéra de chambre de Peter Maxwell Davies (1980). Pas vraiment un opéra policier (en existe-t-il, d’ailleurs ?), plutôt un opéra à énigme, d’autant plus fascinante qu’elle n’a pas été élucidée. De l’incompréhensible disparition, en 1900, des trois gardiens d’un phare des îles Flannan, dans l’archipel des Hébrides, Sir Maxwell Davies, musicien déroutant, rebelle des sixties devenu Master of the Queen’s music, a tiré une fable morale censée dénoncer les méfaits de la mondialisation : Dieu et la Bête, raison et superstition, mystère des destinées, remplacement de l’homme par la machine (on apprend, à mi-chemin, que le phare a été automatisé en 1971). Musique à l’avenant, structurée par le symbolisme numérique du tarot (en particulier la Tour) : tradition anglaise (Britten, Tippett ne sont pas loin) pour les inspecteurs découvrant le phare désert, traditions ancestrales (chanson d’amour, gigue, cantique revisités) pour le bad trip des disparus, le tout lié par un cor faisant office de phare au milieu de la tempête. A moins qu’il ne s’agisse d’autre chose, rien n’étant (bien entendu) explicité ni même balisé. C’est cet autre chose que tente de saisir le metteur en scène Alain Patiès - longtemps collaborateur de La Péniche Opéra - sans perdre de vue les revendications sociales du compositeur : voile du bateau, cercle du phare, barre des témoins, objets concrets parmi lesquels évoluent les trois chanteurs – ténor, baryton, basse – impressionnants en enquêteurs entrant (si l’on peut dire) dans la peau des fantômes. Beau travail d’Ars Nova, douze musiciens (dont l’excellent Emmanuel Tricheux, le cor installé dans la salle) dirigés par Philippe Nahon, habiles à entretenir le charme de cette musique hybride, sans génie mais traversée de vénéneuses intuitions.
François Lafon

Théâtre de l’Athénée, Paris, jusqu’au 28 avril. Clés de l’œuvre par Jacques Amblard le 27 à 19h, salle Christian-Bérard (Photo © DR)

mardi 11 avril 2017 à 18h35
Dans la collection Actes Sud/Classica : Gabriel Fauré, par Jacques Bonnaure. Une monographie de cent-cinquante pages, prélude à la lecture de l’ouvrage (pour l’instant) définitif de Jean-Michel Nectoux (Gabriel Fauré, les voix du clair-obscur, Fayard – 2008). Qualité rare parmi les soixante et quelques titres - forcément inégaux - de la série : celui-ci, par son ton, son écriture, sa composition, colle parfaitement au sujet. Ce n’était pas simple : personnage en demi-teinte, musicien de l’allusif, célèbre (presque) malgré lui, fuyant le monde et pourtant chéri des salons où se faisaient les réputations avant l’invention du ministère de la Culture, l’auteur (bien peu croyant) du plus célèbre des Requiem « de chambre » requiert un biographe expert en balles coupées. Bonnaure, critique musical (notamment dans le domaine lyrique) aux opinions étayées plutôt que passionnelles, croque le personnage, sa vie, son œuvre, sans chercher à mettre du drame là où il n’y en a pas, et donne avec le mélange d’humour et de distance nécessaires les clés d’une œuvre occultée par celles, au génie plus « moderne », plus éclatant, de Debussy et de Ravel. « Comme l’octogénaire Verdi, il fut un vieillard prodigieux. Il a atteint tardivement une sorte de gloire nationale, mais il est ailleurs », remarque-t-il. C’est cet ailleurs que ce petit livre nous fait le mieux découvrir. 
François Lafon

Gabriel Fauré, par Jacques Bonnaure. Actes-Sud/Classica, 192 p., 18 €

jeudi 6 avril 2017 à 00h10
Aux Bouffes du Nord : Ubu, création collective dirigée par Olivier Martin-Salvan, composition musicale de David Colosio. D’Ubu sur la Butte (1901), version (très) raccourcie d’Ubu roi par Alfred Jarry lui-même et destinée à être joué par des marionnettes au cabaret des Quat’z’Arts, l’acteur fétiche de Benjamin Lazar fait une séance d’aérobic qui dégénère : une régression moderne à la mesure de la monstrueuse parodie shakespearienne (Macbeth pour les Nuls) imaginée par l’inventeur de la pataphysique, « science des solutions imaginaires ». Une heure de délire condensé (« Le premier roi meurt en vingt lignes et la guerre arrive trois scènes plus tard »), spectacle tous terrains, place publique comme salle des fêtes : tapis de sol, objets en mousse (des plasticiens Clédat et Petitpierre), cinq étonnants comédiens-clowns-acrobates - quatre hommes, une femme, dont Martin-Salvan en Ubu prof de gym-dictateur. Public jeune et ravi, cernant l’ère de jeu « au plus près de la corporalité des acteurs ». Au premier rang ce soir : Christiane Taubira riant beaucoup, surtout à la mise en boite appuyée de … la gendarmerie. La musique, due à un membre des Cris de Paris, déjà partenaire de Martin-Salvan pour le Pantagruel monté par Lazar (voir ici), recycle, entre la Danse des canards en russe et un final de comédie musicale façon Balavoine, L’Or du Rhin de Wagner avec une science réjouissante du pied de nez sur portée. Ne serait-ce que pour cela…
François Lafon

Bouffes du Nord, Paris, jusqu’au 23 avril. En tournée jusqu’au 9 juin

A l’Opéra Comique, concert de chant choral – Fondation Bettencourt (prix annuel depuis 1989). Premier attrait : le bâtiment lui-même, après deux ans de travaux et un mois avant sa réouverture officielle avec l’Alcione de Marin Marais. Hall blanc liseré d’or, colonnes de marbre étincelantes, salle rendue à ses fastes d’antan, pente légère du parterre (espoir de voir un peu mieux la scène), fresque du foyer ravivées, tentures rouge Favart, plus sombre, plus profond que le rouge Garnier. Second attrait : la qualité et la diversité des ensemble soutenus par la Fondation. Sérieuse double ouverture avec les Ensembles De Caelis (Chant des Sibylles de Philippe Hersant) et Aedes (Poulenc et Jacques Brel), grande montée d’adrénaline avec Les Cris de Paris en forme optimale dans … Les Cris de Paris de Clément Jannequin, mais plus encore dans Spem in alium, motet à quarante voix distinctes de Thomas Tallis, point de non-retour de la musique polyphonique, fabuleuse stéréo naturelle autour du chef Geoffroy Jourdain. Détente avec le Créa d’Aulnay-sous-Bois - enfants et adultes plus pros que des pros - d’Offenbach à Coralie Fayolle (Lady Godiva, les Damnés du flipper), et la prometteuse Maîtrise populaire de l’Opéra-Comique (créée en septembre 2016) en anglais dans le musical Oliver, tous se retrouvant au final pour une Barcarolle des Contes d’Hoffmann telle qu’Offenbach ne l’aurait pas imaginée, avec public chantant selon l’ancienne tradition maison. Retour aux fondamentaux en même temps que photo assez fidèle de l’Opéra Comique nouvelle donne. 
François Lafon

Opéra Comique, Paris, 28 mars (Photo : La Maîtrise en répétition © DR)

A l’Opéra de Paris – Palais Garnier : Béatrice et Bénédict, dirigé par Philippe Jordan dans le cadre du cycle Berlioz inauguré la saison dernière avec La Damnation de Faust. Une soirée unique et une simple mise en espace pour cet opéra-comique imité (comme on disait à l’époque) de Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, succès lors de sa création en 1862 alors que personne ne voulait des ambitieux Troyens, méprisé depuis pour cause d’affadissement de la pièce originelle. Ironie du sort : la représentation est aussi réussie que la Damnation était ratée (voir ici). Car c’est bien - avec scénographie minimale et costumes (presque) de tous les jours -, d’une représentation qu’il s’agit, réglée par Stephen Taylor comme un opéra dans un fauteuil à la manière du Théâtre dans un fauteuil de Musset, ou plutôt comme un spectacle de (grand) salon, laissant s’épanouir la musique (sublime) sans que le théâtre (plus léger) en souffre. Dédoublement habile des personnages entre chanteurs et acteurs, utilisation du chœur comme un personnage à part entière, réintroduction - un peu plus problématique car rompant l’atmosphère douce-amère de l’ensemble -, de l’intrigue « sombre » (un faux adultère qui manque mal tourner) de la pièce, supprimée par Berlioz au profit de la joute « je t’aime moi non plus » des rôles-titre. Réussite musicale surtout : orchestre enjoué autant que raffiné, voix appariées – Sabine Devieilhe et Stéphanie d’Oustrac en jeunes premières de luxe, l’impeccable ténor américain Paul Appleby (remplaçant Stanislas de Barbeyrac), Laurent Naouri drôle sans en faire trop en maître de musique ridicule (un personnage ajouté par Berlioz, qui réglait là quelques comptes), Didier Sandre menant la partie théâtre avec sa classe habituelle. Ovation finale pour cet outsider qui dame le pion à quelques favoris. 
François Lafon 

Opéra National de Paris – Palais Garnier, 23 mars. En différé sur France Musique le 23 avril (Photo © DR)

mardi 14 mars 2017 à 17h22
Au Centre Pompidou dans le cadre de Mutations/Créations - manifestation art, innovation et science : exposition Imprimer le monde et forum au titre hitchcockien de Vertigo, initié par l’Ircam. Technologies numériques, réalités fantomatiques pour la première, prodiges de l’impression 3D matérialisant des objets impossibles, techniques futuristes au service de l’art d’aujourd’hui - rêve et cauchemar mêlés tels ces visages humains recomposés à partir d’un simple cheveu. Une semaine de rencontres, performances et spectacles (Le Sec et l’humide de Jonathan Littell/Guy Cassiers – 15 et 16 mars ; Ircam Live – 18 mars) pour Vertigo, soutenu par le programme SARTS (Innovation at the Nexus of Science, Technology and the Arts) de la Commission européenne, et parcourant « l’espace simulé et les formes du digital ». En clair : la simulation numérique concernant désormais tous les domaines – sons, images de synthèse et objets matériels –, la place même du créateur est remise en question et le spectateur-auditeur ne sait plus où donner de la tête ni des oreilles. Troublante expérience en effet que la Disenchanted Island de la compositrice autrichienne Olga Neuwirth et du vidéaste israélien Tal Rosner, installation interactive où, par un procédé de convolution 3D, l’acoustique de l’église San Lorenzo de Venise (dans laquelle Claudio Abbado a créé en 1984 le légendaire Prometeo, « tragédie de l’écoute »  de Luigi Nono) est transférée dans les salles de Beaubourg, permettant au « spectacteur » d’agir en direct sur un espace sonore à la fois réaliste et subtilement musicalisé.  A la sortie : excellents chocolats en impression 3D à l’effigie de Beaubourg de la maison Les 3 Dandies (.com), comme pour se prouver qu’on n’a pas rêvé. 
François Lafon

Centre Pompidou, Paris. Exposition Imprimer le monde, jusqu’au 19 juin. Vertigo, Forum art-innovation, du 15 au 18 mars. Catalogue sous la direction de Marie-Ange Brayer, introduction à un nouveau monde en 3D (Editions HYX, 24 €) (Photo : Greg Lynn Form ©DR)