Lundi 23 avril 2018
Le cabinet de curiosités par François Lafon

Il n’y a pas que le football qui fasse fonctionner l’ascenseur social. Mercredi 23 juin, à la Salle Pleyel, un curieux ensemble de cordes joue des transcriptions d’œuvres célèbres. A sa tête : John Eliot Gardiner en personne. Les instrumentistes sont des ados, voire des enfants, venus de toute l’Ile-de-France : conservatoires, collèges, associations. Ils ont été coachés par des membres du London Symphony Orchestra : neuf séances faisant suite à six mois de travail avec leurs professeurs français. L’opération est intitulée Take a bow (au propre : « Prends un archet » ; au figuré : « salue le public », ou encore «  Tire ta révérence », titre d’une chanson à succès). Le LSO, depuis son QG de St Luke’s Church, à Londres, s’est fait une spécialité de cette pédagogie directe. Gardiner renchérit : « L’enseignement de la musique en France est confit dans l’académisme. Donnons aux jeunes l’envie de s’amuser ». Très tendance, Sir John : à Caracas, Gustavo Dudamel  fait de l’orchestre symphonique un big band classique ; à Baltimore, Marin Alsop compose un ensemble avec des amateurs et des déçus du métier. Les croque-morts en queue de pie ranimant la flamme de Mozart et Beethoven n’attirent plus les foules. N’empêche : dans la fosse de l’Opéra Comique, où Gardiner dirige Pelléas et Mélisande, les membres du très british Orchestre Révolutionnaire et Romantique n’ont pas l’air de plaisantins. Les jeunes de Take a bow non plus. Outre-Manche, travailler dans la joie n’a peut-être pas le même sens qu’ici. 

François Lafon

Puisque la force n’arrive pas à bout des narcotrafiquants, pourquoi ne pas prendre ceux-ci par les sentiments ? C’est l’idée que défend le célèbre chanteur flamenco espagnol Diego el Cigala (Diego la Langoustine, pourrait-on traduire). Constatant les dégâts occasionnés par les guerres intestines entre cartels de la drogue au Mexique (23 000 morts entre 2006 et aujourd’hui), il explique dans une interview donné au quotidien mexicain de gauche La Jornada que « Les narcotrafiquants et criminels mexicains devraient écouter beaucoup de musique classique, comme le Requiem de Mozart, toute l'oeuvre de Beethoven et de Mahler, tout comme les pièces de Camarón de la Isla, Paco de Lucía et tout ce qui peut les rendre un peu plus sensibles et faire qu'ils ne commettent pas autant d'atrocités. » Au lieu de se vanter, comme il l’a encore fait sur RTL le 27 mai, d’avoir « sur les premiers mois de l'année, doublé les saisies de drogue », et dedéclarer que « quand il y a des caillassages, c'est sans doute le signe, peut-être le passage obligé, que nous sommes en train de rétablir l'ordre et l'autorité dans les quartiers », Brice Hortefeux, ministre français de l’Intérieur, devrait demander à Johnny Halliday, de retour au bercail, d’exhorter les acteurs du bisness banlieusard à remplacer NTM par Philippe Herreweghe dans leurs iPods. Un bus qui brûle avec les Kindertotenlieder en bande son, ça ferait sens, non ?

 François Lafon

jeudi 24 juin 2010 à 15h44

Si la vuvuzela n’évoque pour vous qu’un essaim de mouches tournoyant au-dessus de l’équipe de France en décomposition, précipitez-vous sur le site du quotidien hambourgeois Die Zeit. Dans le cadre chic du Konzerthaus de Berlin, trois instrumentistes en queue de pie jouent Brahms et Ravel sur ce sympathique instrument. Enfin, ils essayent.

François Lafon

lundi 21 juin 2010 à 12h16

Il y a tout juste soixante-deux ans, le 21 juin 1948, Columbia Records commercialise les deux premiers disques 33 tours : une réédition de l’album The Voice of Frank Sinatra, initialement paru en 78 tours, et le 2ème Concerto pour violon et orchestre de Mendelssohn par Nathan Milstein et Bruno Walter dirigeant le Philharmonic-Symphony Orchestra of New York, enregistré en mai 1945. En France, c’est en décembre 1949 que l’on découvre les joies du « microsillons incassable sur plastique vinylite » avec L’Apothéose de Lully, le Quatrième Concert royal et La sultane de François Couperin. Roger Désormière dirige l’Ensemble Orchestral de L’Oiseau-Lyre, où Pierre Pierlot joue du hautbois. En 1931, RCA avait tenté de lancer le système Victrolac (des disques tournant à la vitesse de 33 tours 1/3 par minute) : échec total. La même année, l’Anglais Alan Dower Blumlein avait fait breveter sa nouvelle invention, l’enregistrement binaural (en d’autres termes, la stéréophonie), et avait essayé, sans succès, de la vendre à l’industrie du cinéma. Il s’était alors adressé à EMI (Electric and Musical Industries), né de la fusion de la Gramophone Company (His Master’s Voice) et de la filiale britannique de Columbia Records. Verdict : « Personne n’a besoin de ce genre de gadget ». En 1957, quand fut lancé le 33 tours stéréo, Blumlein était mort depuis quinze ans. Vive les anniversaires ! 

François Lafon

Le mercredi 21 avril dernier, à Alger, signature d’un protocole d’accord entre la Chine et l’Algérie pour la construction d’un opéra. On savait les deux pays en affaires, entre autres pour la construction de six cents kilomètres d’autoroutes (coût : six milliards de dollars). L’opéra, lui, comptera mille-quatre-cents places, coûtera quarante-quatre millions de dollars, et occupera quatre hectares sur la commune de Ouled Fayet, à l’ouest d’Alger. « Ce sera un excellent terrain de communication entre nos deux peuples, s’enthousiasme la ministre de la Culture, Khalida Toumi. L’architecture de la salle reflétera la culture algérienne et respectera l’identité et le patrimoine nationaux ». Selon le Directeur général de l’Agence Nationale de Gestion des Grands Projets Culturels du Ministère de la Culture, Zouaoui Benhamadi, le projet  « revêt une grande importance, car il participe à la formation de l’identité culturelle algérienne ». Mais que va-t-on jouer dans cet opéra ? Aida ? La Femme sans ombre ? Turandot ? « L’édifice ne sera pas uniquement réservé à l’opéra, genre rare chez nous, mais sera utilisé pour développer des voix algériennes », précise Zouaoui Benhamadi. N’empêche : de Pékin à Alger, le seul nom d’opéra est un sésame. Le genre scénique le plus occidental, le plus élitiste, le plus passéiste est synonyme de modernité et d’ouverture culturelle. Quand l’Algérie a conquis son indépendance, on s’est empressé de rebaptiser Théâtre National le vieil Opéra (photo) construit par les Français. Autres temps…

François Lafon

Au Châtelet, en 1981, on donne Cendrillon, une rareté de Massenet. Dans le rôle de Madame de la Haltière, la méchante marâtre : Maureen Forrester, contralto. Une nature, comme on dit au théâtre. Un bulldozer burlesque qui met le public dans sa poche. Le lendemain de la première, interview. Une nature, toujours. Le verbe haut, le rire claironnant, Mrs Forrester parle de ses cinq enfants, de sa maison à Montréal, et se dit très fière de son surnom : Big Mo. Difficile de faire le lien avec la voix des abysses qui émerge du chœur dans la 2ème Symphonie de Mahler dirigée par Bruno Walter (Sony), ou avec la femme qui regarde l’éternité en face dans Le Chant de la terre (avec Fritz Reiner, RCA). « Forrester en Brangaene, dans Tristan et Isolde à l’Opéra de Montréal, c’est mon plus grand souvenir d’opéra », disait le romancier et dramaturge québécois Michel Tremblay, avant d’ajouter : « Et en coulisses, elle est draôle comme tseuls peuvent l’aêtre les vrais angoissés ». Depuis hier soir 16 juin, Maureen Forrester regarde peut-être l’éternité en face. Elle avait soixante-dix neuf ans. 

François Lafon

Qui eût cru que la star de la Coupe du monde de football serait un instrument de musique ? Le problème, c’est que c’en est aussi la bête noire. La vuvuzela, petit clairon sud-africain émettant un son approchant les cent-trente décibels, feraient passer les habituelles cornes de brume pour des instruments célestes. Sur le terrain, cela déconcentre les joueurs, les empêche de communiquer entre eux. «Avec les vuvuzelas, on n'entend rien. C'est impossible. On ne communique que par gestes», se plaint Yoann Gourcuff. Cristiano Ronaldo est plus philosophe : « Ca ne plait à presque personne, mais ça va avec les gens qui aiment souffler dedans et faire du bruit ». En Suisse, le fabricant de prothèses auditives Phonak diffuse une étude selon laquelle « l’exposition prolongée à quatre-vingt-cinq décibels peut provoquer une perte auditive. Quand le son est supérieur à cent décibels, la perte peut se produire en à peine quinze minutes ». Un spécialiste anglais de l’hygiène tropicale prévient de son côté que les vuvuzelas peuvent favoriser la propagation de microbes, « car beaucoup de souffle passe dedans ». Dès les premiers matchs, les centraux téléphoniques des chaînes de télévision ont explosé : « Qu’est-ce que c’est que ce bourdonnement insupportable ? ». Une vuvuzuela barrée dans un cercle rouge fleurit sur Internet. Ultime nuisance de l’objet, le cri du cœur, sur un forum de Libération, d’un footeux mélomane : « C’est pénible, certes, mais nettement moins que les oeuvres de Pierre Boulez ».

François Lafon

vendredi 11 juin 2010 à 16h17

Robert Hossein a de quoi être fier : au Wolf Trap, un centre de spectacles en pleine nature à quelques miles de Washington, le metteur en scène James Marvel lui a emprunté l’idée de faire voter le public. Cette fois, il ne s’agit pas de se demander si Gaston Dominici est innocent ou si Marie-Antoinette mérite la guillotine, mais si Zaide, le singspiel inachevé de Mozart, doit se terminer bien ou mal. Si l’on n’écoute que la musique, cette histoire d’esclaves chrétiens en terre musulmane - dans laquelle on a vu un brouillon de L’Enlèvement au sérail – s’arrête au moment où le sultan condamne les captifs pour avoir voulu s’évader. Mais le livret - ou tout au moins ce qu’on croit en savoir - ménage un coup de théâtre façon « croix de ma mère », qui amène le potentat à libérer tout le monde. C’est à l’entracte que les spectateurs doivent trancher. Le contexte n’est pas innocent : il s’agit moins d’être - ou non -  fidèle à l’esprit des Lumières en optant pour la clémence, comme dans L’Enlèvement au sérail, que de décider si l’on juge l’Islam capable de mansuétude vis-à-vis de l’Occident chrétien. Quatre représentations sont prévues : l’Amérique profonde n’a plus qu’à parler. Dans sa mise en scène de Zaide, créée à Vienne et donnée il y a deux ans au festival d’Aix-en-Provence, l’Américain Peter Sellars ne tranchait pas. Et pourtant, Sellars est connu pour être un incorrigible idéaliste.

François Lafon

Zaide, de Mozart. Gary Thor Wedow (direction). Wolf Trap Opera, les 11, 13, 15, 19 juin. www.wolftrap.org.

Pas de chance, Mozart, au cinéma. Deux films, ce printemps, le mettent en scène. L’un, Don Giovanni, naissance d’un opéra, est signé Carlos Saura. On y voit Lorenzo Da Ponte et son ami Casanova imaginer un nouvel ouvrage tiré du mythe (rebattu) de Don Juan, et s’adjoindre Mozart pour la musique. Ce dernier est présenté comme un génie mal aimé, un malade qui se soigne en prenant des bains glacés. Saura, qui s’est reconverti dans l’art pour l’art depuis la fin du franquisme, donne dans le trompe-l’œil baroque. Mais n’est pas Fellini qui veut, et ses jeux de miroir débouchent sur un océan de lieux communs (où est le théâtre, où est la vraie vie ?), auxquels perruques poudrées et éclairages à la Barry Lindon n’ajoutent pas grand-chose.

Nannerl, la petite soeur de MozartRené Féret, lui, est plus sobre. Dans le ton mineur de La Communion solennelle et de L’Enfant du pays, son Nannerl, la petite sœur de Mozart (rien à voir avec la chanson rigolote de Marie-Paule Belle) expose une thèse et défend une cause. Si elle avait été un homme, Nannerl aurait volé la vedette à Wolfgang et aurait composé des chefs-d’œuvre, au lieu d’être mise sous le boisseau par son papa Leopold. Sous les perruques (plus classiques, plus Comédie-Française que celles du film de Saura) gronde déjà la révolution. Quand commence ce film-là, Mozart a dix ans, et n’en est pas encore à composerDon Giovanni. La musique est à l’avenant, indiscrète chez Saura, discrète chez Féret. Dans les deux cas, c’est la marque Mozart que l’on vend. Esthétisme dans l’un, militantisme dans l’autre. Deux pièges dans lesquels, justement, Mozart n’est pas tombé.

François Lafon

Don Giovanni, naissance d’un opéra, de Carlos Saura, en salle depuis le 12 mai - Nannerl, la petite Sœur de Mozart, de René Féret. Sortie le 9 juin

Soulevé par le journaliste anglais Norman Lebrecht dans son blog Slipped disc, ce lièvre qui en dit long sur le désarroi des maisons de disques face à la crise : en septembre dernier, paraît chez Deutsche Grammophon un album  intitulé Exploring Machaut, réunissant le guitariste brésilien Milton Nascimento et les chanteuses de jazz Madeleine Peyroux et Jasmine Thomas. Du crossover pur et dur. Selon Robert Sadin, le concepteur et producteur du produit, il s’agit d’un hommage au célèbre disque The Art of Courtly Love, dû au pionnier de la musique médiévale David Munrow (1942-1976). Coût de l’enregistrement : 200 000 dollars. Ventes aux Etats-Unis : à peine 4 500 exemplaires. En Europe, diffusion minimale et escamotage de l’objet. Pour le peu qu’on en entend sur le site de DG, le résultat oscille entre le feu de camp post-Woodstock et les éliminatoires de la Nouvelle Star. Comme le dit Lebrecht : Art of courtly love ? Ni art ni amour. On pourrait ajouter : pas grand-chose de courtois non plus. Ecoutez, pourtant, les quatre plages disponibles sur le site en vous mettant dans la peau d’un producteur aux abois : dans le genre, il y en a eu de pires, et qui ont été des succès. C’est ça qui fait froid dans le dos. Aux dernières nouvelles, Chris Roberts, président d’Universal Classics and Jazz, est sur la touche. « Une chance historique pour DG », commente Lebrecht. Mais que reproche-t-on à Roberts ? Ses mauvaises affaires? Sûrement. Son mauvais goût ? C’est moins certain.

François Lafon

The Art of Courtly Love (Machaut, Binchois, Dufay). The Early Music Consort of London, David Munrow (dir.) – 1 CD Virgin Classics

dimanche 6 juin 2010 à 07h00

Cela fait toujours un effet bœuf. Comment, cette crooneuse, cette rockeuse, cette voix embuée par l’alcool et la fumée, c’est Renée Fleming ? Les fans de divas adorent cela : avec de genre de disque, ils peuvent enfin réconcilier leur réputation d’esthètes avec leurs goûts les plus secrets. Peter Mensch, producteur de l’enregistrement et manager (entre autres) de Led Zeppelin, est allé à Londres faire entendre, en cachant l’étiquette, le master de ce Dark Hope (Sombre espoir) aux responsables d’Universal, l’éditeur de Fleming : mais qui est cette nouvelle venue qui chante Leonard Cohen, Band of Horses, Jefferson Airplane et quelques autres ? Ils auraient dû savoir : Fleming n’en est pas à son premier essai, son CD de jazz Haunted heart a fait son effet en 2006, et ses incartades dans le cross over sont bien connues. Eh bien non, paraît-il (mais faut-il le croire ?). La diva préférée des Américains n’est pas la première à se livrer à l’exercice : il y a vingt-cinq ans, Kiri Te Kanawa -comme Fleming voix de miel et tempérament réservé sur les scènes d’opéra- cassait le box office avec l’album Blue Skies, où l’on avait du mal à la reconnaître. Pour remonter encore plus loin, la wagnéro-verdienne Eileen Farrell prenait à peine le temps de se remettre d’une représentation de La Force du destin au MET avant d’aller chanter le blues dans les clubs de Manhattan. Le disque, là aussi, en témoigne : c’est davantage à Sarah Vaughan qu’à Kirsten Flagstad qu’on pense en l’écoutant. Dans le cas de ces trois dames, il ne s’agit plus de cross over, mais bien d’un  autre métier. Rien à voir avec Plácido Domingo clamant des tangos comme si c’était Paillasse ou Jessye Norman prenant des airs de Diva de l’empire pour susurrer Les Chemins de l’amour. Peut-être aussi qu’une Fleming est mieux placée pour amener ainsi le « grand public » à l’opéra que les pop stars jouant aux opera stars, comme cela se passe dans une émission bien connue de la chaîne anglaise ITV.

François Lafon

Renée Fleming : Dark Hope (Decca, 2010) - Eileen Farrell : I gotta right to sing the blues (Sony, 1961) – Kiri Te Kanawa : Blue Skies (Decca, 1985)

jeudi 3 juin 2010 à 09h49

Pour succéder au chroniqueur Henry-Jean Servat et à l’actrice Julie Depardieu, Patrick Poivre d’Arvor en personne. Pour quoi faire ? Monter un opéra. C’est à Carmen que PPDA va se mesurer. Il aurait préféré monter Don Giovanni, mais sa fille Solenn préférait Carmen. « Je m’endors avec Carmen, sans avoir besoin du son » ( ?)  a-t-il déclaré. De  cour (d’honneur) en  jardin (du château), Opéra en plein air promène chaque année un spectacle à travers la France. Il s’agit de « susciter un rapport nouveau à l’art lyrique ». Pas question, donc, de relecture critique des chefs-d’œuvre du répertoire. On y va comme à un Son et Lumière, sans faire attention aux aléas de la sono, et sans se poser de questions sur la pertinence stylistique de ce qu’on voit et (avec de la chance) entend. Les vieilles pierres, de toute façon, sont là pour légitimer l’entreprise. Patrick Poivre d’Arvor a, comme ses prédécesseurs, un co-équipier censé redresser la barre en cas de tempête, en la personne de Manon Savary, fille de Jérôme. Ensemble, ils veulent échapper à l’espagnolade, et imprimer au spectacle « un caractère furieux » et un rythme rappelant celui du JT (sic). Une des vertus de cet acte culturel estival est de donner leur chance à de jeunes chanteurs. Dont acte. En tout cas, le concept fonctionne, puisque l’opération fête son dixième anniversaire.

François Lafon

 

Carmen, 26 représentations, du 3 juin au 4 septembre