Mercredi 03 septembre 2014
Sérénité pour l'éternité
Skip Sempé reconstruit génialement les funérailles de Rameau
bonheur assuré



Rameau’s Funeral

Parmi tous les Requiem, celui de Jean Gilles est l’un des plus singuliers : les timbales qui en font l’ouverture sont immédiatement reconnaissables et donnent d’emblée le ton de l’interprétation. Parfois elles sonnent comme une marche funèbre, parfois elles sont légèrement étouffées pour inciter à la méditation, parfois elles résonnent et engendrent une théâtralité à laquelle les cordes, en contrepoint, associent une sorte de déploration. C’est cette option-là qu’a choisie Skip Sempé afin de donner de cette Messe des morts la version qui fut exécutée le 27 novembre 1764, soixante ans après sa composition, lors des funérailles de Jean-Philippe Rameau. Et pour aller jusqu’au bout, il ajoute dans le déroulement quatre extraits d’opéras de Rameau lui-même, comme un hommage au plus inventif des compositeurs français du XVIIIème siècle. La démarche et le résultat musical constituent une belle réussite, et rendent la partition de Jean Gilles moins tragique, plus humaine, sans pour autant en atténuer le sens. On en ressent le caractère officiel et majestueux qui prédominait dans les grands offices de l’époque, mais aussi une certaine sérénité, avec l’impression non plus seulement qu’un grand musicien vient de disparaître mais surtout qu’il commence, pour l’éternité, à s’inscrire dans l’Histoire.
Gérard Pangon


Jean Gilles
Jean-Philippe Rameau
Gilles : Messe des Morts version de 1764 – Rameau : Dardanus (Gravement et Rondeau tendre) ; Castor et Pollux (Triste apprêts) ; Zoroastre (Air des esprits infernaux)
Judith van Wanroij (dessus), Robert Getchell (haute-contre), Juan Sancho (taille), Lisandro Abadie (basse)
Capriccio Stravagante, Les 24 Violons, Collegium Vocale Gent
Direction musicale : Skip Sempé
1 CD Paradizo PA0013
1 h 04 min

mis en ligne le mercredi 03 septembre 2014

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