Dimanche 26 avril 2015
Froids adieux
Myung-Whun Chung brillant et frustrant dans le dernier Mahler
des hauts et des bas



Symphony n° 9

Tout à son aura d’oeuvre dernière (si on oublie une Dixième pas finie…), la Neuvième est la symphonie de Mahler qui suscite le plus de lectures dissemblables : chocs violents et emportements romantiques à la Bernstein, pure alchimie sonore chez Abbado, monumentale ascèse pour Klemperer, pour ne citer que trois exemples réussis, les interprétations riches de sens ne manquent pas. Difficile à deviner alors ce que Myung-Whun Chung essaye de faire passer avec cet enregistrement (en concert) brillant mais frustrant. La maîtrise et la qualité de l’orchestre éclatent dans le troisième mouvement, pris à une allure folle, mais cette virtuosité fait plus penser à une belle mécanique en roue libre qu’à une course désespérée. Dans le premier mouvement, les moments de pure contemplation sont plus convaincants que les convulsions, lourdes mais sans rage, qui le traversent. L’ironie n’est pas le point fort de Chung dans le deuxième mouvement, pris trop au premier degré là où l’on attend un peu de mélancolie et d’abandon. Le finale est à l'image de cette vision froidement objective : des cordes impeccables mais sans lâcher prise, des moments splendides qui ne parviennent pas à s’agréger dans un ensemble. Pas de quoi démentir la réputation de Chung : technicien surdoué mais trop réservé.
Pablo Galonce


Gustav Mahler
Symphonie n° 9 en ré majeur
Orchestre Philharmonique de Seoul
Direction musicale : Myung-Whun Chung
1 CD Deutsche Grammophon 481 1109
1 h 20 min

mis en ligne le dimanche 26 avril 2015

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