Vendredi 26 avril 2024
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Les aventuriers du son perdu
mardi 19 juillet 2016 à 16h38

Au tout début du XXème siècle, on peut écouter l’Ouverture d’Egmont sur un phonographe avec un seul cylindre pour quatre minutes de musique. Quelques années plus tard, il faut huit ou neuf galettes pour écouter une symphonie de Beethoven en 78 tours sur un gramophone à pavillon. Pendant ce temps-là, les patrons de guinguette inventent des appareils à deux pavillons qui permettent de faire danser toute l’année dans une salle à l’abri des intempéries sans avoir besoin de payer un orchestre. Et les stars du caf’conc’, d’Yvette Guilbert à Maurice Chevalier, en passant par Mistinguett et Jean Gabin ne sont pas les derniers à en profiter. En plus d’un siècle, les inventeurs de tout poil ont ainsi rivalisé d‘ingéniosité pour enregistrer et reproduire la musique de la façon la plus pure et la plus populaire qui soit. Cette histoire du son enregistré, on peut la suivre au Phonomuseum, à Paris, où sont exposés 250 de ces appareils, tous en état de marche et tous plus beaux les uns que les autres, avec des détails et des explications que Jalal Aro, le maître du lieu distille avec passion. A une époque où l’on délaisse parfois le son lisse du mp3 pour le vinyle au son coloré par ses propres aspérités, une balade au Phonomuseum a quelque chose de vivifiant.

Gérard Pangon

Phonomuseum, 53 boulevard Rochechouart 75009 Paris phonomuseum.fr
Et sur Internet, la Phonobase où sont répertoriés des milliers d’enregistrements de 1888 à 1920, avec la possibilité d’en écouter des extraits numérisés.

 

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