Samedi 25 juin 2022
Printemps placide
Rachel Podger joue la détente pour Beethoven
Sonatas for violin and piano Op. 12 No. 1, Op. 24 & op. 96

Les enregistrements « historiquement informés » des sonates pour violon de Beethoven sont devenus quasiment la norme au point que l’arrivée d’un nouveau n’a plus rien de... nouveau. Cette normalisation est à double tranchant : si les instruments ne surprennent certes plus (Rachel Podger joue sur un Stradivarius monté à l’ancienne tandis que son partenaire le fait sur un piano Erard de 1840, pas strictement contemporain de Beethoven mais parfaitement adapté par ses couleurs et sa ductilité), on attend de l’interprétation une justification de ce choix. Mais pour ce qui semble bien le premier volet d’une intégrale, ces lectures très sages donnent l’impression d’un « déjà entendu » alors que l’oreille attend presque d’être bousculée. Comparé à Isabelle Faust et Alexander Melnikov dans leur intégrale marquante (Harmonia Mundi, voir ici), le duo anglais peut sembler plus sage, moins décapant, plus rond : au ping-pong incessant d’idées des premiers, Podger et Glynn préfèrent un dialogue plus apaisé, qui convient mieux au jeu porté vers le lyrisme de la violoniste. Les trois sonates choisies comptent de surcroît parmi les plus détendues du cycle, dont une « Printemps » qui coule placidement. Mais l’opus 96 semble trop lisse là où Frank Peter Zimmermann et Martin Helmchen dans leur récente interprétation (sur instruments modernes, Bis) ne cessent de provoquer l’auditeur. Une entrée en matière précautionneuse en attendant plus d’audace par la suite ? 
Pablo Galonce

Sonates pour violon et piano Op. 12 No. 1, Op. 24 & op. 96
Rachel Podger (violon), Christopher Glynn (piano)
1 SACD Channel Classics CCS SA44222
1 h 07 min

mis en ligne le vendredi 3 juin 2022

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