Lundi 24 février 2020
Vénitiens perdus
Pièces pour flûte et clavecin à l'époque de Vivaldi
Anonimo Venexian

La Place Saint Marc et sa basilique, le pont du Rialto, le Palais des Doges, le Grand Canal, le Palazzo Grassi, les guides de Venise répertorient tous les mêmes « immanquables » devant lesquels le touriste ordinaire ne manquera de s’extasier (non sans raison, d’ailleurs), en négligeant parfois les ruelles, les petits canaux et les petites places. La musique vénitienne a, elle aussi, ses « immanquables », Gabrieli, Monteverdi, Vivaldi, Albinoni pour n’en citer que quelques uns. Comme son titre l’indique, cet album s’intéresse aux anonymes ou, du moins, à ceux dont les traces ont disparu dans les oubliettes de l’Histoire. L’entreprise est louable : ces sonates vénitiennes pour flûte et clavecin constituent de vraies découvertes qu’Inês d’Avena et Claudio Ribeiro ont exhumées de catalogues non encore explorés, et qui, pour la plupart, n’avaient jusqu’à maintenant jamais été publiées, même à leur époque. Certaines semblent avoir fait partie du répertoire de l’Ospedale della Pietà (où vécut Vivaldi) et être dues à Gasparini, d’autres (les seules à avoir été éditées) sont de Diogeno Bigaglia, un bénédictin né en 1676. Dans chacune de ces pièces, on trouve des accents qui font songer à quelque compositeur connu, Vivaldi ou Haendel, par exemple, et si elles sont souvent plaisantes et si l'interprétation est sans reproche, l'écoute laisse penser que leur intérêt est plus historique et musicologique que purement musical.
Gérard Pangon

Pièces anonymes et de Francesco Gasparini et Diogeno Bigaglia
Inês d’Avena (flûte), Claudio Ribeiro (clavecin)
1 CD Ramée RAM1905 (Outhere)
1 h 12 min

mis en ligne le dimanche 12 janvier 2020

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