Mercredi 20 février 2019
Une sorte d’apesanteur
Interprétation inspirée de l’ultime opéra de Benjamin Britten
Death in Venice

Madrid, capitale brittenienne ? On le dirait bien, ce Mort à Venise, dernier ouvrage du compositeur (1973), couronnant une série où même le rare Gloriana a été un succès. Avec ce spectacle filmé en 2014, importé de Barcelone (autre capitale brittenienne) où il a été créé en 2008, le metteur en scène Willy Decker et son scénographe Wolfgang Gussmann donnent du mouvement à cette œuvre qui en manque, le calvaire intérieur de Gustav von Aschenbach étant traité par Britten de manière beaucoup plus symbolique que par Luchino Visconti au cinéma : groupe carnavalesque en regard des sept visages de la Mort incarnés par le baryton, tango non moins mortel du vieil écrivain avec le jeune Tadzio, le tout dans un univers mouvant  évoquant la lagune infestée par le choléra. Chantée dans le style requis par le ténor John Daszak (Aschenbach) et le baryton Leigh Melrose, dirigée par le spécialiste Alejo Pérez, la musique, formellement belle mais elle aussi menacée par le statisme, en est gagnée par une sorte d’apesanteur, évoquant un ailleurs que les autres interprétations filmées de l’ouvrage (même celle de Deborah Warner – Opus Arte) ont du mal à atteindre. 
François Lafon

Death in Venice
John Daszak (Aschenbach), Leigh Melrose (Traveller ; Elderly Fop ; Old Gondolier ; Hotel Manager ; Hotel Barber ; Leader of the Players ; Voice of Dionysus) Anthony Roth Costanzo (Voice of Apollo)
Choeurs et Orchestre du Teatro Real de Madrid
Direction musicale : Alejo Pérez
Mise en scène : Willy Decker
Réalisation : François Roussillon
1 DVD Naxos 2.110577
2 h 32 min

mis en ligne le lundi 28 janvier 2019

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