Jeudi 17 octobre 2019
Une Quatrième pleine de guimauve
Gergiev rend Mahler doucereux
 
Le même, pas pareil
Une Quatrième sans sucreries
Reiner et le Symphonique de Chicago
Symphonie n° 4

Avec son petit orchestre et ses dimensions raisonnables (pour Mahler, bien entendu), la Quatrième symphonie a l'air d'un retour en enfance. Et pour Mahler, ce clin d’œil au classicisme, d'une lumière transparente, est un hommage à Haydn et Mozart, évoqués avec un brin de mélancolie. Si elle est moins monumentale, cette œuvre n’est pas moins difficile à diriger que les autres symphonies du compositeur le risque est grand de pencher vers le maniérisme. Valéry Gergiev n'a que faire de l'héritage classique et ne retient que le conte de fées, le ballet de lumières et de couleurs, l’émotion au premier degré. Dirigée comme Schéhérazade, cette symphonie ressemble à du Rimski-Korsakov plus qu'à du Mahler. Dans les trois premiers mouvements, ce style brillant mais inconsistant fonctionne tant bien que mal, ne serait-ce que grâce au Symphonique de Londres très raffiné comme d’habitude. Mais le coup de grâce arrive dans le dernier mouvement, dirigé et chanté de la manière la plus affectée qu'on ait jamais entendu : pourquoi déverser sur cette naïve description des friandises du Paradis une telle nappe de guimauve ?
Pablo Galonce 

Symphonie n° 4
Laura Claycomb (soprano)
Orchestre symphonique de Londres
Direction musicale : Valery Gergiev
1 SACD LSO Live LSO0662
54 min

mis en ligne le samedi 17 avril 2010

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