Mercredi 16 octobre 2019
Une 9ème de Mahler sans éclat
Valery Gergiev termine une intégrale en dents de scie
Symphonie n° 9

Selon le compositeur Dieter Schnebel, dans le 9ème Symphonie de Mahler, « la prose musicale est construite, ce qui conduit les instruments à parler ». C’est apparemment ce qu’a voulu montrer Valery Gergiev, qui termine avec cette 9ème son intégrale Mahler à la tête du London Symphony Orchestra. Mais comme il est occupé à faire sonner le plus somptueusement possible son (bel) orchestre, il lui arrive de perdre le fil de son discours. Dans ces moments-là, il ne parle plus, mais bavarde, et tombe dans le maniérisme. Il est moins expéditif, moins superficiel ici que dans d’autres symphonies : la 9ème, apparemment, lui inspire davantage d’angoisse que de résignation. Il commence dans la sobriété le premier mouvement mais se prend à souligner les nombreux accidents de parcours de cette page immense où Mahler anticipe la musique du XXème siècle, et finit par en brouiller l’architecture. A l’inverse, après un Rondo-Burlesque bien troussé mais dépourvu de ses aspects grinçants, il se lance dans l’Adagio final avec une retenue louable mais en deçà de l’adieu au monde qui couronne l’œuvre. Ce n’est pas l’étape la plus faible de cette intégrale en dents de scie, mais nous restons loin de l’hymne à la vie hanté par la mort qu’ont su exalter des chefs comme Leonard Bernstein ou Bernard Haitink.
François Lafon



mis en ligne le vendredi 23 septembre 2011

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