Lundi 27 mai 2019
Un son étrange venu d'ailleurs
Une interprétation prenante de Bach sur une flûte exceptionnelle
Sonate a cembalo obligato e traversiere solo

Des Sonates pour flûte traversière et clavecin obligé écrites par Jean-Sébastien Bach, on n’en connaît que deux, BWV 1030 et 1032, datées de 1736, l’année où le Cantor obtient enfin le titre de Hofcompositeur à la cour de Dresde. Grâce à cette nomination, il oublie (un peu) les pressions qu’il subit à Leipzig de la part du Conseil de la ville et du recteur de l’Ecole Saint-Thomas où il est chargé de l’éducation musicale, et se sent pris d'un nouveau souffle. C’est ainsi que, dans ces deux sonates au programme de cet album, et même si, manifestement, elles ont été ébauchées quelque temps auparavant, on perçoit la « respiration » de Bach. L’impression est d’autant plus forte que l’instrument utilisé par Laura Pontecorvo possède une sonorité exceptionnelle, originale, ronde, chaleureuse, enveloppante. Et, justement, cet instrument raconte lui aussi une histoire heureuse : il est la copie d’une flûte en buis estampillée « Buffardin – Le fils », retrouvée par le plus grand des hasards en 2015, et datée des années 1720-1730. Or Buffardin le père, l’un des plus célèbres flûtistes de son temps exerçait à Dresde à cette époque-là, et il n’est pas exclu que Bach ait joué l’une de ces sonates avec lui. Bref, complété par deux transcriptions pour flûte d’une sonate pour orgue (BWV 526) et d’une autre pour violon (BWV 1019), cet album est le fruit de quelques petits bonheurs de l’existence.
Gérard Pangon

Sonates pour flûte et clavecin BWV 1030, 1019, 526, 1032
Laura Pontecorvo (flûte), Rinaldo Alessandrini (clavecin)
1 CD Arcana A453 (Outhere)
58 min

mis en ligne le mercredi 28 novembre 2018

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