Jeudi 23 mai 2019
Un Beethoven à l’usage de notre époque
Avec Herreweghe, une Neuvième sans graisse ni pathos
 
Le même, pas pareil
Un Beethoven inoxydable
Orchestre du Festival de Bayreuth 1951
Symphonie n° 9 « avec chœurs »

En 1999, dans la 9ème Symphonie avec l’Orchestre des Champs Elysées, Philippe Herreweghe a vu Beethoven comme un successeur de Mozart plutôt que comme un prédécesseur de Wagner. Onze ans plus tard, il ne se renie pas, et termine avec une Neuvième véloce, sans graisse ni pathos, son intégrale des Symphonies, cette fois avec un ensemble d’instruments modernes. L’effet de surprise n’est plus là : l’interprétation à l’ancienne est devenue une norme, et ce sont les pompes romantiques qui paraissent aujourd’hui hors de propos dans ce répertoire. Mais à la différence de Jos van Immerseel ou John Eliot Gardiner, pour ne citer qu’eux, Herreweghe parvient à restituer le souffle de l’œuvre, à faire sentir à quel point Beethoven a dynamité le classicisme viennois pour faire entrer la musique dans une nouvelle ère. En chef de chœur inspiré, il fait apparaître la structure révolutionnaire du célébrissime dernier mouvement (l’Hymne à la Joie), là où nombre de ses confrères, baroqueux ou non, ne parviennent qu’à jouer les apprentis sorciers. Les solistes et le Collegium Vocale de Gand sont exemplaires.
François Lafon

Symphonie n° 9 « avec chœurs »
Christiane Oelze (soprano), Ingebourg Danz (malto), Christoph Strehl (tenor), David Wilson-Johnson (basse)
Collegium Vocale Gent, Academia Chigiana Siena, Orchestre Royal Philharmonique de Flandre
Direction musicale : Philippe Hereweghe
1 CD Pentatone PTC 5186 317
1 h 01 min

mis en ligne le jeudi 27 mai 2010

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