Mardi 15 octobre 2019
Trop technique pour être lyrique
Y. Wang et C. Abbado s’entendent sans faire entendre Rachmaninov
Yuja Wang - Claudio Abbado - Rachmaninov

La Rhapsodie sur un thème de Paganini et le célèbre 2ème Concerto pour piano et orchestre incarnent la sensibilité de l’âme slave telle que Rachmaninov l’a captée dans sa musique. Ils requièrent une technique qui allie la précision et la vélocité, une entente du soliste et de l’orchestre capable d’entrainer l’auditeur dans des registres émotionnels contrastés, une compréhension des œuvres à même de rendre compte de leur architecture. Pour ce qui est de la technique, Yuja Wang, la nouvelle coqueluche du piano chinois, est bien accordée avec l’expérience de Claudio Abbado qui dirige le Mahler Chamber Orchestra. Elle est maitresse de son instrument ; il est rompu aux œuvres concertantes. Mais on ressent cette connivence comme un chemin qui n’aboutit nulle part, sans entendre qui mène la danse, sans saisir l’atmosphère propre de chaque partie. C’est notamment le cas pour les trois mouvements du 2e Concerto, qui se succèdent de manière assez lisse alors que la Rhapsodie s’en sort mieux de par son caractère morcelé. Si ces œuvres de Rachmaninov sont souvent l’occasion d’un sentimentalisme dégoulinant, on reste cette fois en manque d’expressivité, de poésie, de lyrisme.
Katchi Sinna

Rhapsodie sur un thème de Paganini - 2ème Concerto pour piano et orchestre
Yuja Wang (piano)
Mahler Chamber Orchestra
Direction musicale : Claudio Abbado
1 CD Deutsche Grammophon (477 9308)
56 min

mis en ligne le mercredi 13 avril 2011

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