Jeudi 17 octobre 2019
Tout ce qu’il faut éviter dans cette musique
Dans Tchaikovski, Yutaka Sado en fait trop
 
Le même, pas pareil
Tout ce qu'on peut faire de cette musique
Evgeni Mravinski (1960)
Symphonie n° 5 – Marche slave

« Tchaikovski est vulgaire ? J’aime ! », a écrit un jour le toujours provocant Emmanuel Krivine. N’empêche qu’il l’est plus ou moins, selon la façon dont on le dirige. Yutaka Sado, qu’on aime bien en France parce qu’il a été un brillant lauréat du Concours de Besançon et qu’il a tenu à bout de bras l’Orchestre Lamoureux pendant plus de quinze ans, en rajoute dans la vulgarité. On ne peut même pas prétendre qu’il imite ses maîtres Leonard Bernstein et Seiji Ozawa. Dans ses moments de narcissisme les plus aigu, le premier n’a jamais été aussi lourd, ni bruyant. Quant au second, le legato permanent qu’on lui a souvent reproché n’a jamais baigné dans un tel sirop. Imaginez le finale de la 5ème Symphonie sous une telle baguette. Tous les poncifs y sont : grandiloquence et complaisance. Le reste est à l’avenant. L’adagio initial nous promène sur des montagnes … russes. L’andante sombre dans le bavardage, la valse tourne en rond. Ce n’est plus la symphonie « du Destin », mais celle de la démission. (Re)découvrez-la plutôt par Evgeni Mravinski. Avec lui, Tchaikovski n’est pas vulgaire, et on ne l’en aime que davantage.
François Lafon

Symphonie n° 5 – Marche slave op. 31
Deutsches Symphonie-Orchester Berlin
Direction musicale : Yutaka Sado
1 CD Challenge Classics CC72356
1 h

mis en ligne le mardi 20 juillet 2010

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