Mardi 15 octobre 2019
Tombeau dans la brume
Le pianiste Jan Michiels tente un hommage original à Debussy
Tombeau de Debussy

Voilà un « tombeau » dans les deux acceptions du terme : hommage et sépulture. Sur un piano Erard de 1892 au son fruité, le Bruxellois Jan Michiels découpe en bouquets de trois pièces les deux cahiers d’Etudes de Debussy et intercale entre chaque groupe les œuvres composées en 1920 par Malipiero, Dukas, Roussel, Bartok, Falla et Stravinsky à l’instigation de la Revue musicale et sous le titre de Tombeau de Debussy. Probablement pour rendre le concept plus cohérent, le pianiste a écarté les pièces de Florent Schmitt, Maurice Ravel et Erik Satie qui complétaient ce Tombeau, et les a remplacées par trois pièces de Debussy lui-même, à commencer par la Berceuse héroïque (pour rendre hommage à S.M. le roi Albert Ier de Belgique et à ses soldats). Une manière de replacer dans leur époque ces Etudes mésestimées, dédiées à Chopin mais déjà bien ancrées dans le XXème siècle, et de ressusciter quelques merveilles, comme L’Accueil des Muses d’Albert Roussel. Jan Michiels possède à l’évidence l’imagination et les moyens techniques nécessaires, et son Erard est l’instrument rêvé pour jouer tout cela. D’où vient alors que l’ensemble paraisse si monotone ? Peut-être qu’à défaut d’un parti-pris interprétatif très fort, les Etudes se suffisent à elles-mêmes et que les pièces du Tombeau ne fonctionnent que seules ou en groupe, comme un miroir éclaté tendu au génie de Debussy.
François Lafon

Debussy : Berceuse héroïque - Etudes - Pour l'Oeuvre du
Jan Michiels (piano Erard, 1892)
1 CD Fuga Libera FUG 590
1 h 18 min

mis en ligne le mardi 17 janvier 2012

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