Mardi 15 octobre 2019
Schubert qui exagère ou Schubert exagéré ?
Eldar Nebolsin se perd dans la Wanderer Fantaisie
Sonates pour piano n° 4 et 13, Wanderer Fantaisie

La Wanderer Fantaisie est un sommet en matière de virtuosité. Schubert aurait lui-même confessé qu’elle dépassait ses propres capacités pianistiques, et sa structure a sans doute influencé ses dernières sonates, les plus grandes de son répertoire. Cette fantaisie s’inspire du lied Der Wanderer où se condensent la nostalgie et la mélancolie propres au compositeur. Dans le même style, la Sonate en la mineur n°4 (D 537) traduit, de manière intimiste, l’atmosphère mystérieuse et comme crépusculaire qui caractérise beaucoup d’œuvres de Schubert. Elle emprunte probablement quelques traits au finale du Concerto « l’Empereur » de Beethoven (notamment dans les deux premiers mouvements) et invente une espèce de mélodie populaire qui donne une impression de déjà entendu. La Sonate en la majeur n°13 (D 664) rappelle, quant à elle, le fameux Quintette « la Truite » et exploite de nouveau une espèce de climax populaire que conforte un lyrisme typiquement viennois. Le pianiste ousbek Eldar Nebolsin propose une interprétation proprette des deux Sonates en la dont il souligne les richesses mélodiques au point de les rendre un peu mièvres. La Fantaisie est, quant à elle, desservie non seulement par un parti-pris, pas toujours heureux, d’en accentuer les ruptures rythmiques et d’en exagérer le caractère triomphaliste, mais aussi par une prise de son dure. Finalement, on se sent plus agressé que conduit au paradis où l’auditeur de Schubert est censé de retrouver en se réveillant.
Katchi Sinna

Sonates pour piano n° 4 et 13, Wanderer Fantaisie
Eldar Nebolsin (piano)
1 CD Naxos (8.572459)
1 h 03 min

mis en ligne le samedi 11 juin 2011

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