Mercredi 20 novembre 2019
Schubert et les pom-pom girls
Andrew Tyson imprime brillamment sa marque sur le répertoire
 
Le même, pas pareil
Schubert intimiste Wilhelm Kempff
Landscapes

Il est doué, Andrew Tyson. Les prix qu’il a reçus à travers le monde et l’accueil enflammé des salles américaines sont là pour le confirmer : sa manière très personnelle d’aborder tous les répertoires crée une atmosphère flatteuse et charmeuse, qui saisit aussitôt l’auditeur à l’oreille et le transporte, sans forcément l’émouvoir. Après avoir imprimé sa patte sur Chopin (voir ici), Ravel et Scriabine (voir ), il propose aujourd’hui Paysages, programme suffisamment vaste pour laisser plus que jamais libre cours à ses inspirations. Voilà ainsi d’emblée un Scarlatti (K 9) sorti de nulle part, avec des phrasés étonnants, mais séduisants, avant d’autres sonates du même qui galopent allègrement et qu’Andrew Tyson fait sonner « brillant ». Mompou, avec ses Paysages, et Albéniz, avec Iberia, s’accommodent bien de cette poésie expressive que le pianiste distille avec facilité. Quant à la Sonate D. 664 de Schubert, elle est, on s’en doute, loin de l’intimisme insufflé par certains interprètes. Le style est affirmé, rutilant, remarquable, et s'il fallait le définir, on pourrait aller jusqu'à dire, en caricaturant, qu’Andrew Tyson est à Wilhelm Kempff ce que les pom-pom girls sont à Yvette Chauviré : du talent (grand), du savoir-faire (grand) et un art très américain du spectaculaire. 
Gérard Pangon

Scarlatti : Sonates K.9, K.20, K.96, K.322 – Mompou : Paisajes – Schubert : Sonate D.664 – Albéniz : Iberia, livre 1
Andrew Tyson  (piano)
1 CD Alpha Classics Alpha 546 (Outhere)
1 h 02 min

mis en ligne le vendredi 4 octobre 2019

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