Lundi 16 décembre 2019
Emois, et moi
Ravel et Scriabine, à la sauce Tyson
Ravel, Scriabin – Miroirs

Difficile de trouver deux compositeurs plus éloignés l’un de l’autre que Ravel et Scriabine, et une œuvre, les Miroirs (Ravel) qui se répond à elle-même, comme son nom l’indique, et laisse peu de place, a priori, à une mise en parallèle avec d’autres. Andrew Tyson peut se le permettre. Sa recette ? Il fait partie de ces artistes qui imposent leur propre univers, leur « moi », avant de s’attacher à celui des compositeurs qu’ils interprètent. Une poésie sobre, qui ne chérit guère l’émoi, n’a rien ni de sauvage ni de spontané : tout est mesuré, maîtrisé. À ce traitement, les tourments métaphysiques de Scriabine sont gommés par des traits d'une séduisante élégance, sa sonate n°10, la dernière, n’est plus si atonale que ça ; et les jeux d’esprit de Ravel prennent une dimension raisonnée. Les extrêmes se rejoignent sur un chemin lumineux qui peut laisser dubitatif, mais qui a le mérite de l’originalité.
Albéric Lagier

Ravel, Miroirs; Scriabine, Sonates pour piano n° 3 et 10
Andrew Tyson (piano)
1CD Alpha classics 277
59 min

mis en ligne le dimanche 28 mai 2017

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