Jeudi 26 mai 2022
Sans excès
François Dumont creuse son sillon chopinien
Ballades et Impromptus

A chacun son Chopin. Un truisme peut-être, mais qui résume la situation - souvent a contrario -, chacun réagissant au Chopin des autres par une série de réticences, voire de refus : trop sentimental, trop névrotique, trop (ou pas assez) structuraliste, trop raide, trop destructuré (ou trop structuré), trop chaloupé, trop romantique même (héritier direct de Couperin et Rameau ?), chacun se référant aux témoignages (pas sonores, hélas !) sur le compositeur au piano, à son génie du rubato (vent dans les feuilles, mais l’arbre ne bouge pas, selon Liszt), à son toucher sans poids mais ferme en même temps… à quoi s’ajoute - aussi déroutante que le reste - l’influence de l’opéra italien. Ni fantasque (Samson François) ni abyssal (Claudio Arrau), François Dumont joue les quatre Ballades aimées de Schumann (…que Chopin n’aimait pas) avec une liberté qui fait son originalité, sans les dramatiser à outrance, sans non plus en gommer les zones d’ombre : un Chopin discursif, maniant savamment les couleurs, que les tenants d’un romantisme effréné pourront trouver trop allusif. Avec les Impromptus, il est tout entier dans son élément, libre encore mais tenant la barre avec fermeté. Alfred Cortot disait que « la musique y devrait paraître naître sous les doigts de l’exécutant ». Nous y sommes. 
François Lafon

4 Ballades - 3 Impromptus - Fantaisie-Impromptu
François Dumont (piano)
1 CD La Musica LMU 030 (distribué par Intégral)
57 min

mis en ligne le samedi 7 mai 2022

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