Lundi 27 mai 2019
Roulez jeunesse
Un jubilatoire chassé-croisé Mozart-Haydn signé Alexandre Tharaud
 
Le même, pas pareil
Clara Haskil, éternel
Jeunehomme

Sous-titre de l’album : "Jeunehomme", du nom de la dédicataire française du 9ème Concerto (une Mlle Jeunomé, comme l’appelait Mozart, peut-être la pianiste Louise-Victoire Jenamy), mais aussi une indication sur le ton général du programme imaginé par Alexandre Tharaud, lui-même éternel jeune homme. Cet artiste malin n’a pas son pareil pour personnaliser les œuvres qu’il joue : cette fois, il a composé pour le Rondo en la majeur de Mozart une cadence citant … le Concerto « Jeunehomme », et glisse dans le très enlevé "Rondo à la hongroise" du 3ème Concerto pour clavier de Haydn des clins d’œil à … la "Marche turque". Pur hédonisme aussi, mais rappel tout de même de la dimension vocale du Concerto : le magnifique air de concert « Ch’io mi scordi di te » avec piano obligé, occasion pour le pianiste de dialoguer avec la voix aussi charnelle qu’instrumentale de Joyce DiDonato. Un ensemble en tout cas propre à mettre en valeur la façon très personnelle elle aussi, à la fois savante et sans fioritures, dont Tharaud apprivoise sur piano moderne le répertoire classique, ici légitimée par l’accord parfait qu’il trouve avec le chef québécois Bernard Labadie et ses très baroqueux Violons du Roy.
François Lafon

Mozart : Concerto pour piano n°9
Alexandre Tharaud (piano), Joyce DiDonato (mezzo-soprano)
Les Violons du Roy
Direction musicale : Bernard Labadie
1 CD Erato/Warner Classics 462 624 0
1 h 11 min

mis en ligne le mardi 16 décembre 2014

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.