Mercredi 30 septembre 2020
Rendez-vous en terre inconnue
Du Salieri récemment déterré qui offre un autre regard sur son œuvre
Salieri Strictly Private

Salieri au quotidien est une terra incognita où le présent CD nous fait volontiers pénétrer, grâce à des manuscrits récemment déterrés et/ou à des témoignages d’époque. Cela par le truchement de huit œuvres vocales ou instrumentales, sans prétention mais des plus écoutables. Tout commence par une brève cantate de célébration de noces d’argent (1799) mentionnée dans le journal de Carl Joseph Rosenbaum, fonctionnaire du prince Esterhazy, bien connu des biographes de Haydn. Et tout finit par une autre cantate, de mariage cette fois, datée de 1777, dont on ignore qui furent les destinataires et se terminant par un chœur. La troisième cantate offerte (15 novembre 1780) fut, peut être écrite en l’honneur des sœurs Auenbrugger, pianistes de talent. On entend aussi, comme il se doit désormais, le « Chant de joie » composé en septembre 1785 pour fêter la guérison de la soprano Nancy Storace par trois compositeurs, Salieri, Mozart et un certain Cornetti : trois volets donc, de moins de cinq minutes au total. Jusqu’à sa redécouverte en 2015 dans des archives à Prague, ce chant était considéré comme perdu. Au début de 1790, Joseph II était malade, et Salieri ne manqua pas de composer une prière pour sa « préservation par Dieu » (Gott erhalte) : l’empereur n’en mourut pas moins. Comme pièces instrumentales, un beau Cantabile pour hautbois et orchestre (sans doute du milieu des années 1770), une agréable Sérénade en quatre mouvements et (surtout ?) un énigmatique Andante devoto en ré mineur à connotation sacrée. Salieri n’était pas n‘importe qui, cette plaisante promenade peut se faire d’une seule traite.
Marc Vignal

Antonio Salieri : Cantates « Tu sai, Germania », « Deh mira, oh Nice » et »Il ciel cortese » ; Canzone « Per la ricuperata salute di Ofelia » ; La Preghiera suddita « Gott erhalte zu unser Wonne » ; Cantabile en sol ; Andante devoto ; Sérénade
Diana Tomsche (soprano),  Esther Valentin (mezzo-soprano)
Heidelberger Sinfoniker
Direction musicale : Timo Jouko Herrmann
1 CD Hännsler Classic HC 19079
56 min

mis en ligne le samedi 5 septembre 2020

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