Vendredi 18 octobre 2019
Puccini, un théâtre de chef
Andris Nelsons dirige son épouse Kristine Opolais dans Suor Angelica
Suor Angelica

Une histoire de couple : à Cologne sous les micros d’Orfeo, le chef letton Andris Nelsons dirige en concert Suor Angelica, le deuxième volet du Triptyque de Puccini, avec sa compatriote et épouse Kristine Opolais dans le rôle-titre. Une occasion d’entendre ce jeune surdoué (trente-quatre ans), particulièrement remarquable dans Strauss et Wagner, dans un répertoire où l’on ne l’attendait pas. Comme Lorin Maazel (Sony - 1977), il met en valeur le génie d’orchestrateur de Puccini et avive les angles de cette fable cruelle et édifiante, où une femme qui a fauté expérimente l’enfer sur terre (incarné par la méchante Princesse à la voix de contralto) avant de connaître la transfiguration (chœur céleste). Kristine Opolais a le style et les moyens de « grand lyrique » requis (elle chantre avec succès Madame Butterfly), mais sa voix n’est pas très phonogénique, et elle gagne certainement à être vue. Même remarque pour Lioba Braun (la Princesse), voix impressionnante mais sans personnalité particulière. Nous sommes loin de l’extraordinaire duo Renata Scotto – Marilyn Horne réuni par Maazel. Nouvelle « signature » de Deutsche Grammophon, Mojca Erdmann, dans le rôle secondaire de la petite sœur Genovieffa, leur volerait presque la vedette, ce qui, entendu de la salle, n’est peut-être pas le cas. En complément, Nelsons confirme sa fibre puccinienne dans le court mais séduisant Prélude symphonique.  
François Lafon

Suor Angelica
Kristine Opolais (Suor Angelica), Lioba Braun (la Princesse), Mojca Erdmann (Suor Genovieffa), Nadezhda Serdyuk (la Soeur Zélatrice), Beate Koepp (l\'Abbesse)
Choeur et Orchestre Symphonique de la WDR, Cologne
Direction musicale : Andris Nelsons
1 CD Orfeo C 848 121 A
59 min

mis en ligne le dimanche 6 janvier 2013

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