Lundi 24 février 2020
Préhistoire
Roberto Alagna se déroute sur des chemins poussiéreux
Caruso 1873

Reprendre le répertoire de Caruso en l’interprétant à la manière dont le célébrissime ténor le faisait au tout début du XXème siècle, pourquoi pas ? On pourrait même ajouter les gratouillis d’un phonographe à rouleaux pour reconstituer un son d’époque, mais Roberto Alagna ne va pas jusque là, sauf dans une plage bonus vintage avec un air d’Ernesto de Curtis, un contemporain de Caruso. Son imitation-admiration est plutôt une façon de ressusciter un style et une époque où « l’historiquement informé » n’existait pas, les chanteurs-stars adaptant chaque partition à leurs goûts et à leurs moyens. On a donc la surprise d’entendre Roberto Alagna chanter un Ombra mai fu qui n’a plus rien à voir avec Haendel, un air de Pergolèse qui ressemble à du Puccini et des opéras français en version italienne. Que le célèbre Santa Lucia figure au programme n’étonne pas : son statut d’idole permettait à Enrico Caruso de tout chanter, et Roberto Alagna, dont les enregistrements de Luis Mariano ou de mélodies siciliennes ont été des succès, peut le faire aussi. Ses fans seront sans doute heureux de le voir ajouter un Caruso à son arc, les autres regretteront le temps où il offrait aux opéras sa magnifique voix de ténor.
Gérard Pangon

Airs de Dalla, Rossini, Haendel, Gomes, Pergolèse, Rubinstein, Cottrau, Puccini, Tchaikovski, Massenet, Rhodes, Verdi, Bizet, Nutile, Leoncavallo, Cilea, de Curtis
Roberto Alagna (ténor), Aleksandra Kurzak (soprano), Rafal Siwek (basse), Yvan Cassar (piano)
Orchestre National d’Ile de France
Direction musicale : Yvan Cassar
1 CD Sony 19075958312
1 h 13 min

mis en ligne le samedi 4 janvier 2020

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