Mardi 18 septembre 2018
Pompe et circonstance
Une Septième de Bruckner écrasée par son propre poids
Bruckner : Symphony no 7 - Wagner : Siegfried's Funeral March

« Solennel » est une indication qui revient souvent dans les partitions de Bruckner. Après des Trosième et Quatrième pas tout à fait accomplies, Andris Nelsons la prend encore une fois au pied de la lettre pour l’appliquer partout dans ce nouvel enregistrement brucknérien. Dans cette Septième prise sur le vif lors du concert qui marquait le 275ème anniversaire de l’orchestre, le chef tire le meilleur du Gewandhaus, opulent et dense, mais semble encore plus soucieux de monumentaliser le propos que de laisser couler la musique. Domptant parfois le tempo et comme en retenant le souffle (perceptible dès la première phrase du premier mouvement), il étire les grandes mélodies parfois jusqu’à perdre toute tension, quand elles ne se perdent en détails. Et si les moments de goûter aux sensationnelles qualités du Gewandhaus ne manquent pas, on attend un déclic qui n’arrive pas : dans l’adagio, la montée vers le grand éclat prend trop de détours pour que le coup de cymbales sonne vraiment comment une libération. Seul le scherzo, enfin aérien, convainc, avant un finale trop lourd. Le meilleur du programme est sans doute la Marche funèbre du Crépuscule des dieux, spectaculaire rappel des indéniables affinités wagnériennes de Nelsons. 
Pablo Galonce

Wagner : Marche funèbre du Crépuscule des dieux - Bruckner : Symphonie n° 7
Gewandhausorchester Leipzig
Direction musicale : Andris Nelsons
1 CD Deutsche Grammophon
1 h 16 min

mis en ligne le vendredi 13 juillet 2018

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