Vendredi 18 octobre 2019
Partitions peu inspirées pour violon mécanique
David Grimal ne parvient pas à faire vivre les concertos de Mozart
The 5 Violin Concertos

Mozart a vingt ans, il est à demi au service de Colloredo, Prince-Archevêque de Salzbourg depuis quatre ans et violoniste à ses heures. Cette servitude contractuelle l’étouffe : il rêve de liberté, a fait une croix sur ses espoirs déçus de Bologne et pense trouver fortune à Munich. En attendant, on l’imagine disant au Prince : « Tu veux du violon ? En voilà… ». Ce qui donne les cinq concertos pour violon, tous écrits en 1775 (il n’y reviendra plus jamais). De style français et galant, ils sont composés dans cette veine parfois irritante chez Mozart : de la partition au mètre, peu d’audace et beaucoup d’élégance à la limite du convenu sauf dans le deuxième concerto, plus personnel. David Grimal a l’archet sec et ne met guère de couleurs dans son interprétation, avec Les Dissonances en consonance : on cherche dans ces concertos le fond et la sensualité que Mozart y aurait mis, on y décèle l’ennui de cette année 1775 qui perce dans une lettre à Sa Grandeur de 1776 : (Vous m’avez dit il y a trois ans que) je n’avais rien à espérer d’Elle. Rendons justice aux interprètes : c’est un brin mécanique mais cohérent avec les intentions possibles du compositeur. Le CD est accompagné d’un livre bellement édité. Dans une interview croisée tout aussi réglée, les interprètes parlent de leur démarche et non des concertos eux-mêmes. Un aveu ?
Albéric Lagier

Concertos pour violon n°1 à 5
David Grimal (violon)
Les Dissonances
1 CD Dissonances Records + 1 Livre DVD
1 h 43 min

mis en ligne le jeudi 26 mars 2015

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