Mardi 15 octobre 2019
Ombres et lumières
Alice Sara Ott joue (sur) les sentiments contrastés de Beethoven
Alice Sara Ott - Beethoven

L’ombre et la lumière sont-elles les deux faces d’une même vérité, ou la lumière fait-elle apparaître les ombres qui sans elle n’auraient aucune visibilité ? Cette dialectique sert d’argument à l’enregistrement de deux sonates dans la même tonalité (ut majeur) de Beethoven qui dessinent cependant deux climats différents : alors que la sonate op. 2 n°3 diffuse une clarté et une énergie vitale, la sonate op. 53, dite « Waldstein », change le décor en une atmosphère sombre, que la pianiste Alice Sara Ott décrypte comme l’expression du désespoir de Beethoven frappé par la surdité et aux prises avec le désespoir voire la tentation du suicide. Cette clé herméneutique est probante dans le CD où chacune des deux sonates sert en quelque sorte de caisse de résonance pour faire entendre, de manière affinée, l’atmosphère propre de l’autre. Le choix de deux autres pièces contemporaines à l’une et l’autre œuvre le confirme. Mais dans toutes ces interprétations, Alice Sara Ott force peut-être le trait en marquant trop ici la légèreté d’une pièce et là le caractère déprimé de l’autre. Son jeu a pris de la maturité par rapport à ses disques précédents mais la « Waldstein » mériterait, dans ses passages de virtuosité, plus de précision et de clarté dans les phrasés.
Katchi Sinna

Sonates en Ut majeur op. 2 n°3 et op. 53, Andante Favori en Fa majeur WoO 57, Rondo a capriccio en sol majeur op. 129
Alice Sara Ott (piano)
1 CD Deutsche Grammophon 477 9291
1 h 06 min

mis en ligne le mardi 22 novembre 2011

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