Mardi 15 octobre 2019
Maison sans portes
Le Chopin fantasque du jeune pianiste Maxence Pilchen
 
Le même, pas pareil
Alexandre Tharaud,
le classique
24 Préludes Opus 28

Apparemment marqué par la personnalité flamboyante de son maître Byron Janis, le jeune pianiste belge Maxence Pilchen met une réflexion poussée sur Chopin et ses vingt-quatre Préludes (voir le livret de pochette) au service d’un jeu très personnel, pour ne pas dire déroutant. Il parle de « pureté du style », cite Berlioz et Delacroix, fustige les jugements de d’Indy pour mieux encenser ceux de Ravel, mais ne semble en faire qu’à sa tête, transformant le rubato chopinien en montagnes russes, surexposant des détails au détriment de l’ensemble, se promenant dans ces Préludes ne préludant qu’à eux-mêmes comme dans une maison sans portes dont il modifie le plan à tout moment. Avant que le Chopin structuraliste légitimé par un Maurizio Pollini ne devienne la norme, ce jeu fantasque n’aurait peut-être étonné personne. Au moins a-t-il aujourd’hui la faculté de secouer les habitudes, de faire entendre un piano moins flatteur mais courageusement révélateur de la personnalité de l’interprète.
François Lafon

24 Préludes Opus 28
Maxence Pilchen (piano)
1 CD Paraty PARATY115131
34 min

mis en ligne le dimanche 19 juillet 2015

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.