Lundi 14 octobre 2019
Les lieder de Brahms, première étape
Le charme et les limites d’Angelika Kirchschlager
The songs of Johannes Brahms, volume 1

Infatigable, Graham Johnson. Après de gigantesques intégrales des lieder et mélodies de Schubert (quarante CD !), Schumann, Fauré et Strauss, le voilà lancé dans un marathon brahmsien en neuf volumes. Dans chacun de ces monuments, les meilleurs chanteurs se succèdent, tous accompagnés par Johnson. C’est là le problème : certains composent mieux leur programme que d’autres, ou sont plus en forme au moment de l’enregistrement, mais tous pâtissent de la neutralité du maître d’œuvre, dont les qualités de coach sont apparemment supérieures au talent d’accompagnateur. La mezzo soprano autrichienne Angelika Kirchschlager, qui inaugure ce cycle Brahms, aurait particulièrement besoin d’un partenaire plus stimulant. Ce n’est pas qu’elle manque de style, ni d’intelligence de ces pièces à la fois moins évidentes que celles de Schubert et plus attendues que celles de Schumann. Mais le doux ronronnement du piano la laisse aux prises avec ses limites vocales, que ne compensent, dans les lieder les plus lyriques comme l’exalté Von ewiger Liebe (D’amours éternelles), qui fut longtemps un des bis favoris de Jessye Norman, ni son charme ni son joli timbre. Les magnifiques Sept Lieder opus 48, où Goethe s’invite dans un ensemble aux accents populaires, en sont les premières victimes.
François Lafon

Lieder de Brahms
Angelika Kirchschlager (mezzo soprano), Graham Johnson (piano)
1 CD Hyperion CDJ 33121
1 h 11 min

mis en ligne le mercredi 11 août 2010

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