Mardi 15 octobre 2019
Les Estampes, oui, les Tableaux, non
Debussy va mieux à Juliana Steinbach que Moussorgski
Tableaux

Si Debussy, dans les Estampes et L’Isle joyeuse, nous conduit à travers diverses contrées de l’Asie et de l’Europe, Moussorgski, dans les Tableaux d’une exposition, nous promène dans des paysages réinventés par l’art. Les deux œuvres ont en tout cas pour point commun de transposer en musique la vision des paysages et l’impression des cultures. L’interprétation de la jeune pianiste française d’origine brésilienne Juliana Steinbach honore cette transcription musicale d'expériences spatiales et psychologiques. Elle réussit l’évocation des pays et des situations auxquels renvoie Debussy, invente même un son qui nous transporte en Orient, nous emporte dans les rythmes ibériques, les chansons populaires françaises et le grand large de Jersey. Elle a du mérite, car le piano Blüthner sur lequel elle joue a un son ingrat. En revanche, dans Moussorgski, on ne la suit plus. Sa compréhension des Tableaux d’une exposition s’inscrit certes dans une école (celle, entre autres, de Sviatoslav Richter) qui exacerbe le caractère bigarré de l’œuvre, juxtaposant, sans chercher de transition, des tempos contrastés, entremêlant un certain triomphalisme à la nostalgie. Mais avec elle, le plaisir de la promenade est gâté par le sentiment inconfortable d’être conduit, dès le premier tableau, dans une marche forcée. La progression, qui donne une certaine logique à la concaténation des différentes scènes, n’est plus perceptible.
Katchi Sinna

Debussy : Estampes ; L'Isle joyeuse - Moussorgski : Tableaux d'une exposition
Juliana Steinbach (piano)
1 CD Paraty 110.111 (2010)

mis en ligne le jeudi 20 mai 2010

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