Lundi 5 décembre 2022
Les couleurs de l’accordéon
Elodie Soulard habille les classiques de nouveaux atours
Portraits

Bach, Liszt, Schubert et Grieg, le programme est classique. Qu’il soit interprété à l‘accordéon, voilà qui l’est moins. Certes, Bach a déjà été mis à toutes les sauces, seulement celle dont l’enrobe Elodie Soulard n’a rien à voir avec ce qu’on connaît : pas question pour elle de tirer la Suite anglaise n°2 vers le musette ou le jazz, elle la pare de nouvelles couleurs, fait ressortir les rythmes de danse, l’agrémente parfois d’une basse continue, bref, elle orchestre cette suite pour clavier. Quant à la Rhapsodie n°15 de Liszt, elle la joue plus hongroise que jamais, sans tomber pour autant dans le folklore facile : Elodie Soulard n’a jamais l’accordéon racoleur, elle cherche au contraire à donner de la profondeur à un instrument trop souvent considéré comme un instrument affectif, et son choix d’inclure dans ce disque des méditations contemporaines qui ne se résument pas à des variations mélancoliques témoigne de son exigence musicale. En même temps qu’elle trace le portrait de son instrument, elle habille ainsi des airs connus de nouveaux atours. Et à ceux qui lui reprocheraient de travestir les partitions d’origine, elle pourrait répondre comme Alexandre Dumas à ses détracteurs : « Si j’ai violé l’Histoire, je lui ai fait de beaux enfants. »
Gérard Pangon 

Schubert-Liszt : Valse-caprice n°6 – Grieg : Pièce lyrique n°4 – Semionov : Méditations n°1 et 2 – Bach : Suite anglaise n°2 – Liszt : Rhapsodie n°15 – Boëlmann : Suite pour orge n°2 – Runchak : Portrait de Paganini ; Dédicace à Stravinsky
Elodie Soulard (accordéon)
1 CD NoMadMusic NMM026
52 min

mis en ligne le mardi 1 décembre 2015

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