Mercredi 6 juillet 2022
Le rêve en plus
Le jeune Gabriel Stern sur les sommes lisztiens
Etudes d'Exécution transcendante

Depuis les sommets de la virtuosité que sont les douze Etudes d’exécution transcendante de Liszt, chaque pianiste se dévoile : Claudio Arrau (Philips) cherche la transcendance dans l’introspection plutôt que dans l’action, Lazar Berman (DG) fait le contraire, Georges Cziffra (Warner) y cherche (et trouve) le fil conducteur qui unit ces extrêmes, Jorge Bolet (Decca) survole les gouffres et Boris Berezovsky (Teldec) y plonge. Voilà le jeune franco-israélien Gabriel Stern, marqué par des maîtres tels qu’Eliso Virsaladze et Nelson Goerner, remarqué en 2019 pour un enregistrement éminemment personnel d’un autre massif réputé imprenable : les Variations Goldberg de Bach (voir ici). On retrouve ici son pianisme conquérant et ses options très personnelles. Une fois passées ces considérations liminaires, il y a beaucoup à admirer dans son jeu. Le "Preludio" semble précipité ? C’est pour mieux élargir sa palette, jusqu’à, après les jeux de couleurs des "Feux Folets", cette "Wilde Jagd" (Chasse sauvage) vraiment infernale, débouchant sur la poésie de "Ricordanza" et l’ardente contemplation d’"Harmonies du soir". D’un bout à l’autre du voyage il se comporte en peintre tout autant qu’en architecte, sans oublier de rêver.  Il se hausse par là au niveau des grands lisztiens susnommés. 
François Lafon

12 Etudes d'exécution transcendante S.139
Gabriel Stern (piano)
1 CD Mirare MIR 596
1 h 07 min

mis en ligne le jeudi 23 juin 2022

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