Mardi 15 octobre 2019
Le meilleur est sans doute pour demain
Tristan Pfaff s’attaque à Liszt mais se perd dans Proust
Franz Liszt – Tristan Pfaff

En couverture, Tristan Pfaff, vingt-quatre ans, prend des airs de Marcel Proust, et c’est peut-être la raison pour laquelle, bien que consacré à Liszt, ce récital est si proustien. Les élans rugueux de la Rhapsodie Hongroise n°5 font penser aux délabrements de M. de Charlus, tandis que les Liebesträume évoquent à loisir les Jeunes filles en fleur... On est loin de l’intériorité de Liszt, plutôt dans les émois des séjours à Combray mêlés des tourments des alcôves parisiennes. Tout cela sent bon l’aubépine et les « intermittences du cœur. » Mais le Proust qui transparait ici est celui d’avant 1913, date de parution du premier tome de La Recherche, le dilettante assidu du (vrai) salon de madame de Caillavet, et non le puissant scrutateur des âmes qui hantent celui (imaginaire) de madame de Villeparisis. On attend la maturité de l’écrivain, et avec elle, celle de l’interprète, maître encore en gestation, qui sortira un jour de la pose et de l’exécution, aussi virtuose soit elle, pour nous entrainer dans les profondeurs intimes, les tourments troubles et luminescents de Liszt. Car ces frémissements, Tristan Pffaf sait parfois s’en faire l’écho : en témoigne la Consolation n° 3, si lisztienne, pour le coup.
Albéric Lagier 

Rakoczy March ; Liebestraume, Nocturnes n°2 et 3 ; Tarentella napoletana ; Valse-Impromptu ; O ! du mein holder Abendstern (ext. de Tannhäuser) ; Isoldes Lieberstod (ext. de Tristan und Isolde) ; Consolation n°3 ; Gondoliera, Tarentella
Tristan Pfaff (piano)
1CD Aparte (2011)
1 h

mis en ligne le vendredi 13 mai 2011

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