Samedi 15 août 2020
Le beau mariage
De l’influence de l’Italie sur la musique luthérienne par Clematis
Nun danket alle Gott

En Allemagne, dans la seconde moitié du XVIIème siècle, alors que la cantate en est encore à ses balbutiements, le répertoire sacré est souvent constitué de petites pièces pour voix soliste et ensemble instrumental à cinq parties. Avec le retour d’Italie de compositeurs comme Heinrich Schütz, Johann Rosenmüller et Christoph Bernhard, la forme de ces motets évolue, la musique luthérienne prend un tour nouveau, le violon affirme sa présence et la basse continue, aussi. Ce CD en témoigne, et de belle façon, avec en particulier un motet exhumé de la Bibliothèque Düben d’Uppsala, dont l’attribution à Monteverdi a été longtemps incertaine, mais qui semble avoir été un modèle pour toute une génération de musiciens allemands dans la manière inventive d’associer la voix aux instruments. Ceux-ci parent de sentiment et d’émotion la douceur d’une voix qui va jusqu’au murmure pour créer un ensemble d’une extrême délicatesse, en particulier dans le magnifique O clemens, o mitis, o cœlestis pater de Dietrich Buxtehude. Familier des cantates allemandes des ancêtres de Bach (voir ici), comme de la musique italienne du XVIIème siècle (voir ), l’Ensemble Clematis réussit ce joli mariage entre deux univers, et accompagne à merveille la belle voix cristalline et fragile de Julie Roset.
Gérard Pangon

Motets de Johann Rosenmüller, Dietrich Buxtehude, Augustin Pfleger, Andreas Hammerschmidt, Heinrich Scheidemann, Claudio Monteverdi, Christoph Bernhard
Julie Roset (soprano)
Ensemble Clematis
Direction musicale : Stéphanie de Failly, Brice Sailly
1 CD Ricercar RIC 415
1 h 03 min

mis en ligne le samedi 13 juin 2020

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