Mardi 15 octobre 2019
La carpe et le lapin
A Saint-Pétersbourg, une Femme sans ombre à l’accent russe
Die Frau ohne Schatten

Une Femme sans ombre 100% russe ou presque (le metteur en scène Jonathan Kent est londonien) au Mariinski de Saint-Pétersbourg : Valery Gergiev poursuit sa conquête du répertoire international. Pour l’auditeur habitué aux voix occidentales dans ce répertoire, cela sonne bizarre : de furieusement germanique, la fable imaginée par Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal de l’Impératrice céleste tentant de s’approprier l’ombre (= la fertilité) d’une pauvre mortelle devient un légende des steppes, avec ténor nasillard (l’Empereur) et alto trémulant (la Nourrice). Le metteur en scène en rajoute dans ce sens, faisant du monde des esprits un archaïque royaume sino-tartare évoquant les Polovtsiens du Prince Igor de Borodine, tranchant avec celui des humains, présenté façon banlieues défavorisées. Grand officiant de ce mariage de la carpe et du lapin, Gergiev noie le tout dans les sonorités somptueuses mais envahissantes de son orchestre, au risque de rendre plus indigeste encore cet opéra-monstre, qu’un Karl Böhm a su imposer en le dégraissant autant que faire se peut.
François Lafon

Die Frau ohne Schatten
August Amonov (l\'Empereur), Mlada Khudoley (lImpératrice), Edem Umerov (Barak), Olga Sergeeva (la Femme), Olga Savova (la Nourrice)
Choeurs et Orchestre du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg
Direction musicale : Valery Gergiev
Mise en scène : Jonathan Kent
Réalisation : Henning Kasten
2 DVD ou Blu-ray Mariinski MAR0543
3 h 24 min

mis en ligne le dimanche 29 décembre 2013

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