Mardi 15 octobre 2019
Il n’y a plus de (Quatre) saisons
Max Richter décompose Vivaldi en mode minimaliste
Recomposed by Max Richter Vivaldi The Four Seasons

On savait déjà que Vivaldi était le vrai père du minimalisme : avec presque trois siècles d’avance sur ses épigones de la fin du XXème siècle, le Vénitien avait découvert tout le potentiel des structures rythmiques simples basées sur un canevas harmonique circulaire. Un style exploité de manière géniale dans ses centaines de concertos et d’opéras d’une modernité inusable. Quoi de plus naturel pour un compositeur répétitif d’aujourd’hui que de revenir sur cette source primaire ? C’est chose faite avec ces Quatre saisons recomposées où Max Richter (qui fait avec cet enregistrement son entrée dans le catalogue de Deutsche Grammophon) s’est limité en fait à souligner les traits les plus minimalistes du tube de Vivaldi. « Recomposées » et non pas « remixées », puisque le compositeur anglo-allemand n’a conservé, de son propre aveu, qu’un tiers de l’oeuvre originale. Même défendu par Daniel Hope, le résultat est décidément très « post », presque un catalogue de tous les poncifs du courant répétitif : des effets suspensifs à la Arvo Pärt (mais sans la magie), des séquences en boucle du premier Philip Glass (sans le sens du rythme justement), bref un minimaliste très… minime. On regrette presque les versions très sui generis de Bach ou Vivaldi où Vanessa Mae ajoutait un accompagnement « dance floor » d’un mauvais goût assumé mais indéniablement plus fun.
Pablo Galonce

Recomposed By Max Richter : Vivaldi, The Four Seasons - Richter : Shadows
Daniel Hope (violon)
Konzerthaus Kammerorchester Berlin
Direction musicale : André de Ridder
1 CD + 1 DVD Deutsche Grammophon 479 2776
1 h 17 min (CD), 44 min (DVD)

mis en ligne le dimanche 13 avril 2014

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