Vendredi 30 octobre 2020
Entre poésie et polissonerie
Les belles couleurs d'une musique tout en mouvement
Jean Boyer – Chansons à boire et à danser – Airs de cour

Né à la toute fin du XVIème siècle, Jean Boyer commence par composer des airs de ballet qui enchantent son employeur, le duc de Nemours, lequel l’introduit auprès de Louis XIII. En 1636, le voilà Joueur de viole ordinaire de la Chambre du roi, une charge qui ne l’empêche pas d’évoluer de l’air de cour, plutôt posé (chant et luth, la plupart du temps)  vers la chanson, plus ludique et plus osée. C’est ainsi qu’il dédie un Livre de chansons pour boire et pour danser à un certain Jean-Jacques de Flotte (sic), Gentilhomme ordinaire de son Altesse Gaston d’Orléans, frère indocile de Louis XIII, dont on connaît les frasques. Loin de la poésie des airs de cour, les paroles de ces chansons donnent le ton : « Que faisais-tu gros garçon sur la boulangère ? » ; « Donne-moi ton pucelage. » ; « Compère, j’ai trouvé du vin. » Et la préface du recueil indique qu’elles sont destinées « au goinfre lecteur. » Jean Boyer ne tombe pas pour autant dans la trivialité, ni pour les textes, ni pour la musique dont les rythmes et les harmonies soulignent la sensualité. Ce répertoire va de l'effronterie à la nostalgie, et grâce à de jolis timbres qui renforcent les couleurs, l’Ensemble Ratas del viejo mundo (Rats du Vieux Monde) trouve un équilibre entre poésie et polissonerie.
Gérard Pangon

Jean Boyer : 19 pièces instrumentales et chantées
Ratas del viejo mundo
Direction musicale : Floris de Rycker
1 CD Ramée RAM 1910 (Outhere)
54 min

mis en ligne le mardi 22 septembre 2020

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