Jeudi 26 mai 2022
Enchanteuses enchanteresses
Sandrine Piau dans sa belle maturité handelienne
Enchanteresses

Enchanteresses handeliennes … « Ce sont des perdantes magnifiques », note Sandrine Piau en exergue de ce récital, ajoutant « Si j’ai incarné autrefois des héroïnes virevoltantes et légères, ce nouvel album offre un portrait de femmes puissantes, souvent meurtries ». Sur scène, la mutation avait trouvé son accomplissement au Palais Garnier en 2013, où elle succédait avantageusement à Natalie Dessay en Cléopâtre de Giulio Cesare : présence transcendante, puissance accrue, virtuosité intacte, colorations enrichies. Cet album qui marque ses retrouvailles avec son partenaire Jérôme Corréas (chef et naguère baryton) au théâtre de Poissy de ses débuts discographiques ne boucle pas la boucle (elle s’en défend) mais témoigne brillamment d’une évolution que bien des jeunes voix légères espèrent sans l’atteindre. On la retrouve dramatique en Cléopâtre (superbe « Piangero ») et en Alcina (« Moi cor »), déchaînée en Adelaide du plus rare Lotario, déchirante pour finir dans le très connu Rinaldo (le tube « Lascia ch’io pianga »). Corréas et ses Paladins sont à l’unisson, lyriques et brillants, pratiquant judicieusement des respirations dans l’enchaînement des arias en y intercalant trois mouvements de Concerti grossi.
François Lafon

Airs extraits de Lotario, Rinaldo, Giulio Cesare in Egitto, Lucezia, Alcina, Amadi di Gaula – Concerto grosso op. 6 n° 4 (Larghetto, Allegro) et op. 6 n°6 (Largho e affetuoso)
Sandrine Piau (soprano)
Les Paladins
Direction musicale : Jérôme Corréas
1 CD Alpha-Classics Alpha 765 (Outhere)
1 h 07 min

mis en ligne le jeudi 3 février 2022

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