Lundi 17 décembre 2018
Du Keiser pour le Cantor
Une Passion à la dramaturgie judicieusement calculée
Markuspassion – Passion selon Saint Marc

Si ce n’est lui, c’est donc son père, et encore, ce n’est même pas sûr : aujourd’hui, on se demande si cette Passion de Reinhard Keiser, n’est pas en réalité de Gottfried Keiser ou même de Nicolaus Bruhns. Ce dont on est certain, en revanche, c’est qu’elle date des années 1710 et qu’elle plaisait à Jean Sébastien Bach, lequel l’a dirigée au moins deux fois à Leipzig non sans quelques aménagements, en particulier en ajoutant au moins un chœur. Il avait raison, le Cantor : telle quelle, cette succession de récitatifs et d’arias parsemée seulement de quelques gouttes chorales laisse un peu sur sa faim. Ressurgit alors la question de la paternité : cette façon de faire et ce côté théâtral ne sont-ils pas justement caractéristiques de Reinhard Keiser, compositeur considéré comme l’inventeur de l’opéra allemand avec une centaine d’opus à son actif ? Ce qui importe au fond, c’est que cette Passion très concentrée cherche avant tout à raconter de belle manière une histoire connue, en distillant douleurs et lamentations de façon judicieuse, sans trop se préoccuper de spiritualité ou de méditation. Ce climat convient bien à l’expressivité de l’ensemble Gli Incogniti et au ténor Jan Kobow qui tient excellemment le rôle de l’Evangéliste.
Gérard Pangon

Markuspassion
Jan Kobow (ténor), Thomas Bauer (basse)
Gli Incogniti – Amandine Beyer, Ensemble Jacques Moderne
Direction musicale : Joël Suhubiette
1 CD Mirare MIR 254
1 h 17 min

mis en ligne le samedi 16 mai 2015

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