Mardi 15 octobre 2019
Concerto, concerto, concerto morne plaine
Mozart bizarrement rendu inexpressif par David Fray
 
Le même, pas pareil
Concerto tout en nuance et en vivacité
Rudolf Serkin et Claudio Abbado en osmose
Concertos pour piano n°22 et n°25

A quoi rêve un pianiste lorsqu’il joue Mozart ? Généralement, on ne se pose pas la question ou alors c’est mauvais signe, et ici, on n’y échappe pas : après des Bach très séduisants et un Schubert qui l’était presque autant, cet enregistrement de David Fray laisse perplexe. On a l’impression que le pianiste est ailleurs, qu’il songe par moments à Beethoven et que le reste du temps, il pense à autre chose, on ne sait trop quoi. Son Mozart n’avance pas, au lieu d’y trouver grâce, élégance et subtilité, on n’entend qu’une succession de phrases qui ne s’articulent pas. Prenez l’allegro final du Concerto 22, celui d’Amadeus, le film de Milos Forman : on aimerait qu’il chante, qu’il raconte quelque chose, une poursuite, une partie de cache-cache ou une leçon de séduction. Mais rien, rien de rien, rien d’autre qu’une platitude assez triste qu’un orchestre peu dynamique ne parvient pas à relever. Prenez le Concerto 25, moins fameux sans doute que le 24 ou le 23, mais assez significatif d’un Mozart en plein dans ses opéras, puisque le compositeur y traite les instruments comme des personnages qui, ici, ne se parlent pas beaucoup. David Fray, lui, a quelques éclairs qui ajoutent du tragique à la partition. Manifestement, il semble avoir envie de se donner un genre, le genre je ne vais pas faire comme tout le monde. Pourquoi pas. Mais pour faire quoi ?
Gérard Pangon

David Fray (piano)
Orchestre Philharmonia
Direction musicale : Jaap van Zweden
1 CD Virgin Classics

mis en ligne le mardi 30 novembre 2010

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