Lundi 6 avril 2020
Comme un testament
Hortense Cartier-Bresson dans les pas du dernier Brahms
Fantasien op. 116 - Intermezzi op. 117 - Klavierstücke op. 118)

Sept Fantaisies (op. 116), trois Intermezzi (op. 117), quatre Intermezzi ponctués d’une Ballade et d’une Romance (op. 118) : parce que Brahms, l’homme qui « en lui-même ne riait jamais », les a (avec l’op. 119, absent ici) surnommés « berceuses de ma souffrance », ces pièces - parce que testamentaires ? - sont souvent jouées en demi-teinte, voire au bord de l’épuisement, alors qu’elles sont une décantation de toute une carrière, pas seulement pianistique. C’est cette décantation qu’Hortense Cartier-Bresson met en scène dans cet album où, l’âge mûr venu, elle met elle-même toute sa réflexion d’artiste (discrète) et d’enseignante (recherchée). Rien d’histrionique dans cette « mise en scène », mais une façon toute naturelle de faire un ensemble de ces seize pièces, une « rêverie d’une promeneuse solitaire », jusqu’à « L'oraison finale, comme un testament », dit-elle. Aucune pesanteur, rien de platement terrestre dans son jeu, mais un sens des couleurs et des dessins, une façon de suggérer tout un orchestre ou de murmurer à l’oreille de l’auditeur, sans céder au lyrisme facile ni à la monotonie. De la belle ouvrage. 
François Lafon 

Fantasien op. 116 - Intermezzi op. 117 - Klavierstücke op. 118)
Hortense Cartier-Bresson (piano)
1 CD Aparté AP 222
1 h 02 min

mis en ligne le lundi 24 février 2020

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