Vendredi 30 octobre 2020
Cello chaud et guerre froide
Guillaume Martigné s’élève aux Suites de Britten
Britten by Guillaume Martigné

Les Suites pour violoncelle marquent le retour de Britten à la composition instrumentale. Elles marquent aussi l’histoire d’amitiés Est-Ouest en pleine guerre froide. Elles furent imaginées sur un coin de table de pub anglais en compagnie de Rostropovitch, à qui ces Suites sont dédiées. Elles allient culture soviétique, par les hommages rendus à Chostakovitch, (lequel avait dédié sa Symphonie n° 14 à Britten, qui en dirigea la création britannique en 1970) et la culture britannique, tant y sont sensibles les références aux anciens maîtres anglais, particulièrement au plus mélancolique d’entre eux, Dowland. Mais au delà des frontières tant physiques que musicales, elles font résolument référence aux Suites de Bach, dont elles n’empruntent pas que le nom ou le nombre (six prévues, trois seulement livrées, pour cause de maladie de Benjamin Britten, en 1964, 1968 et 1971), mais aussi la science du contrepoint, l’enracinement dans l’art de la danse (chaconnes, passacailles…), et cette ingéniosité à mêler lyrisme et virtuosité. Beaucoup de grands noms se sont frottés à ces Suites – Rostropovitch, Mörk, Wispelwey, Queyras et d’autres. Un superbe Rogeri 1690 entre les mains, Guillaume Martigné les aborde en équilibre permanent au-dessus ces frontières entre les lieux et les temps, navigant du baroque au XXème siècle, avec chaleur, liberté et inventivité.
Albéric Lagier 

Suites pour violoncelle op.72, 80 et 87
Guillaume Martigné (violoncelle)
1 CD Klarthe
1 h 11 min

mis en ligne le lundi 22 février 2016

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