Vendredi 18 octobre 2019
Case départ
La 7ème de Mahler, une symphonie qui échappe à Gustavo Dudamel
 
Le même, pas pareil
David Zinman, l'ampleur
Symphonie n°7

De sa 5ème Symphonie, encore immature (ses débuts au disque en 2006) à sa 9ème, bien mieux maîtrisée (2012 - voir ici), Gustavo Dudamel a fait un grand pas dans l’univers mahlérien. Le voilà revenu à la case départ avec cette 7ème enregistrée live à Caracas, à la tête d’un Orchestre Simon Bolivar en petite forme. Dans la 9ème, il oscillait entre l’action directe et la distanciation, tout en sauvant la mise grâce à son talent de conteur. Avec la 7ème, qu’il qualifie lui-même de « symphonie cosmique », il se heurte à un propos (qui cette fois n’est pas un programme) plus abstrait et énigmatique, à une musique plus qu’ailleurs moderne de forme tout en restant romantique d’esprit. Au lieu de tabler sur la gradation des atmosphères, il cherche l’effet. Les contrastes de l’énorme 1er mouvement deviennent systématiques, les deux « Musiques de nuit » manquent de mystère, le Scherzo (où l’on entend déjà La Valse de Ravel) grince sans déranger, le passage progressif de l’ombre à la lumière du Finale est plus clinquant qu’éclatant. Longtemps, cette 7ème Symphonie a été la moins aimée du public et la plus redoutés des chefs. Pas étonnant qu’un Claudio Abbado, souffle et finesse mêlées, en ait trouvé les clés, déjà à Chicago (1984), mais surtout à Lucerne (2005). C’est son sens de l’allusion en même temps que de l’analyse qui manque encore à Dudamel.
François Lafon

Symphonie n°7
Simon Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela
Direction musicale : Gustavo Dudamel
1 CD Deutsche Grammophon 479 1700
1 h 19 min

mis en ligne le jeudi 22 janvier 2015

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