Jeudi 23 mai 2019
Brahms dopé par un turbo
Dejan Lazic : un pilote au piano
Concerto pour violon transposé pour le piano

Avant le XIXème siècle, la transcription permettait de faire entrer dans les foyers (par le « clavier » ou des formations de chambre) une musique qui, sans elle, n’en aurait jamais franchi le seuil (symphonies, concertos). Dans ces années où les auteurs, moins soucieux de leurs droits (d’auteur) que du plaisir de la musique, les plus grands transcrits étaient aussi des transcripteurs de génie à commencer par Jean Sébastien Bach. Avec le disque, cette fonction de popularisation a perdu de son utilité. Malgré cela, les transcripteurs ont continué sur leur lancée, tournant (comme les disques) souvent à vide (contrairement à eux). Dejan Lazic se moque des théories et fait de la transcription, ou plutôt de la traduction, par envie. Envie de donner au pianiste la joie de s’exprimer dans un concerto, fût-il pour violon, de Brahms. Oublions le violon : il ne s’agit pas ici de le singer, mais plutôt de faire dans l’hyperbole, le turbo, la 3D, avec le talent d’un Tim Burton à la caméra ou d’un Schumacher au volant d’une Formule 1. Ça swingue, ça vibre, ça mène Brahms aux confins des genres, de celui dit noble de la musique classique à ceux dits populaires du jazz ou du rap, bref, ça séduit. Une jubilation raffinée, un vrai antidépresseur, un décloisonnement salutaire. Pourquoi s’en priver ?
Albéric Lagier

Concerto pour piano n°3 (d’après le concerto pour violon opus 77) - Rhapsodies, opus n° 79, n° 1 et n°2 - Scherzo en mi bémol mineur, opus 4
Dejan Lazić (piano)
Atlanta Symphony Orchestra
Direction musicale : Robert Spano
1 CD Channel Classics

mis en ligne le jeudi 25 février 2010

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