Mercredi 25 mai 2022
Beauté hitchcockienne
Sarah Traubel, liedersängerin distanciée
In meinem Lied

Petite n!èce de la grande wagnérienne américaine Helen Traubel, Sarah Traubel, cette jeune allemande, parrainée par Helmut Deutsch, accompagnateur des stars de l’estrade, Jonas Kaufmann et Matthias Goerne en tête, penche plutôt du côté d’Elisabeth Schwarzkopf. Au jeu des parentés artistiques, on pourrait citer aussi Gundula Janowitz, pour l’aspect instrumental de sa voix. En réunissant Mahler, Liszt, Korngold et Strauss, elle se présente en tout cas en liedersängerin « dans la tradition », Helmut Deutsch veillant efficacement au grain. Dès les quatre Rückert-Lieder (sans l’habituel "Um Mitternacht") qui ouvrent le programme, on apprécie son style et sa diction. Mais pourquoi tant de froideur, dans ces pièces qui n’ont rien de distancié ? Même frustration avec les six Liszt qui suivent, où Sarah Traubel compense son uniformité vocale par une sophistication textuelle un rien désuète. Les quatre lieder de Korngold - belles pièces réhabilités après des années d’oubli – souffrent de la même retenue, tout autant que les Quatre derniers Lieder de Strauss, feu d’artifice final du romantisme musical célébré par nombre de grandes voix, où l’on admire de l’extérieur le fini de l’interprétation. 
François Lafon

Gustav Mahler : Rückert-Lieder – Franz Liszt : Die Lorelei ; Freudvoll und leidvoll ; Der du von dem Himmel bist ; Es muss ein Wunderbares sein ; O lieb so lang du lieben Kannst ! – Erich Wolfgang Korngold : Drei Lieder ; Unvergänglichkeit – Richard Strauss : Quatre derniers Lieder
Sarah Traubel (soprano), Helmut Deutsch (piano)
1 CD Aparté AP 288
1 h 02 min

mis en ligne le mardi 19 avril 2022

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